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Comment se débarrasser du Phytolacca

On l’appelle couramment raisin d’Amérique. Cette plante envahissante est un vrai poison, une « peste végétale » tant elle colonise l’espace au détriment de la biodiversité. Le direction développement durable de l’Agglo vous donne quelques conseils pour en venir à bout.

 

C’est l’histoire d’une bonne idée qui devient très mauvaise, et même toxique. Le raisin d’Amérique, de son nom botanique Phytolacca americana, serait arrivé par bateaux en France, importé par des vignerons de Bordeaux. Les graines permettaient de donner un peu de couleur à certains vins trop pâlichons. Mauvaise pioche, sans mauvais jeu de mots. Car il faut savoir la manier, la pioche, pour en venir à bout. Avec ses racines longues et très robustes, il est difficile de s’en débarrasser.

Appelé également vigne de Judée, épinard de Cayenne ou raisin des teinturiers, cette jolie plante, de la famille des rustiques vivaces, est facilement reconnaissable avec ses tiges creuses ramifiées teintées de rouge et ses longues grappes de baies pendantes, d’abord vertes puis noires. Sa croissance est rapide et rien ne pousse sous le feuillage de cette plante qui peut atteindre 3 à 4m de hauteur. Le Phytolaque ne tolère guère que les ronces, détruit la microfaune et la microflore, et le sol est asphyxié. Même les vers de terre, acteurs majeurs de la fertilité des sols, disparaissent.

Cet arbuste invasif s’est si bien adapté à nos sols et à notre climat qu’il est devenu très difficile d’en venir à bout. D’autant que ses graines sont supposées rester viables pendant une quarantaine d’années. Pratiquement tous les départements français sont touchés et l’Union internationale de conservation de la nature a d’ailleurs qualifié cette plante de « peste végétale ». Une vraie calamité qui pousse partout : secteurs boisés, zones défrichées, bords de chemins, jardins, anfractuosités des murs et trottoirs, sur sol humide ou sec.

Qui plus est, toute la plante est toxique, pour l’homme et les animaux. La consommation des fruits provoque refroidissement, vomissement et cyanose. Les effets digestifs et neurologiques peuvent être très sévères voire mortels dans les 6 heures si la quantité ingérée est suffisante. Sa consommation a engendré des cas de mortalité chez le porc, le mouton, la vache, le cheval, les cervidés et les mollusques. Seuls quelques oiseaux y sont insensibles et disséminent cette espèce, après avoir ingéré les baies.

Pour lutter contre le phytolaque, l’arrachage est la plus sûre des méthodes. Il varie selon les stades de développement. Suivant la nature du sol, le plant peut être arraché à la main sans que la racine ne casse, mais dans la plupart des cas il vaut mieux être équipé d’une pioche ou d’une triandine pour faciliter l’extraction et éviter que la tige ne casse au niveau du collet. Attention surtout aux raisins qui propagent les graines.

La fauche peut également être pratiquée à différentes fins: épuiser la plante en vue de son éradication, retarder le développement d’un massif, pour empêcher la fructification, retarder le développement d’un massif, dans l’attente d’un arrachage.

La bastonnade qui consiste à frapper la plante à l’aide d’un bâton ou d’un manche d’outil en bois, est une pratique utilisée lors des opérations de dégagement des jeunes plants d’arbres encore sensibles à la concurrence. Le principe est de porter un coup sec pour que la tige soit bien sectionnée, et non pas écrasée par pliage. Si la tige n’est pas sectionnée, elle risque de continuer sa croissance et se redresse.

On peut aussi récolter les grappes de fruits. Ces « vendanges » doivent avoir lieu en juillet-août, pour empêcher la fructification et ainsi priver la plante de reproduction. Il faut couper les grappes de fruits au sécateur et les collecter dans des sacs poubelles épais, qui seront incinérés avec les ordures ménagères. Cependant, si l’intervention a lieu trop tardivement, il est possible que certaines grappes déjà formées aient été consommées par les oiseaux et que les graines aient déjà été disséminées.

Naturellement, évitez le recours aux herbicides, nocifs pour la santé et moins efficaces que l’arrachage. D’autant qu’ils tuent sans distinction les autres plantes du jardin et empoisonnent les animaux auxiliaires. Leur utilisation est interdite à moins de 5 m (voire 30m) au voisinage des points d’eau (arrêté du 12 septembre 2006 relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits visés à l’article L. 253).

Infos au 05.55.92.28.67.

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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