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Derrière le mur

Le sergent chef Dupont lors de sa présentationDerrière le mur, un titre insolite qui fait référence aux murs, ces kilomètres de murs en Afghanistan, tantôt protections, tantôt obstacles. La chapelle Saint-Libéral accueille jusqu’au 30 mars, une exposition inhabituelle qui rend compte, à travers une trentaine de photographies, de la dernière mission effectuée par le régiment briviste. Pas de photo choc, mais des moments saisis qui témoignent de l’engagement armé et humain, de la vie quotidienne des Bisons sur ce conflit qui n’a pas nom de guerre. 

Ces images ont été prises par deux photographes de l’EPCAD (Etablissement de communication et de production audiovisuelle de la défense) immergés au sein du 126 lors de deux missions d’envergure. Pendant la durée de l’exposition, des militaires du 126 assureront des permanences pour apporter plus de détails à ceux qui le souhaiteraient.

Le colonel Goisque et Philippe Nauche, député-maire de Brive« C’est la première fois que je me retrouvais dans une mission aussi forte. C’est la première fois aussi que j’ai été amené à utiliser mon arme, à trois reprises », témoignait hier soir lors du vernissage le sergent-chef Sébastien Dupont, co-auteur de l’exposition portée en commun par l’EPCAD et le 126. « Ça nous a soudé. J’ai été marqué par le comportement humain des Brivistes. » De ces moments vécus ensemble derrière le mur, celui qui n’était habituellement qu’observateur derrière son objectif, retiendra plus que tout « les gestes infimes ». « Partager l’eau, les rations, des histoires... des choses les plus simples prenaient une importance incroyable. On revient aux fondamentaux. Pas de tricherie lorsqu’on vit ensemble des situations extrêmes. » Le photographe de l’EPCAD a suivi l’opération Promising Star menée en septembre 2010: la mission des Bisons y consistait à attirer insurgés et talibans ailleurs pendant que le reste de la brigade construisait un nouveau poste de combat avancé.

Des visiteurs à Saint-LibéralSon confrère a couvert un mois plus tôt l’opération Normandy Eagle, la plus importante opération héliportée réalisée par les forces afghanes, américaines et françaises dans une zone où la coalition ne s’était jamais encore rendue. Le maître Johann Peschel témoigne lui aussi, sur un de ses panneaux, du courage des Bisons et a voulu « inscrire dans l’histoire le visage des fantassins du 126« . Le photographe n’a malheureusement pu assister au vernissage. « Il est embarqué sur le bateau chargé de récupérer les débris de l’Airbus du vol de Rio », l’excusait le capitaine Jean-Daniel Daney, représentant l’EPCAD. « Nous sommes des soldats de l’image, les successeurs de ceux qui  ont photographié ou filmé les poilus dans les tranchées. Pas des reporters de guerre », précise-t-il. « En plus de l’armement, nous avons l’appareil et notre mission est de montrer les soldats dans leur quotidien. Ces photos ne sont qu’une infime partie de ce qui a été ramené d’Afghanistan. »

visiteuseUne infime partie, certes, mais qui témoigne fidèlement de la dureté des engagements, de l’esprit de corps des militaires et de ces moments de fraternité qui soudent dans ces instants de violence. Pour les Bisons, ces photos ravivent des souvenirs indélébiles. Pour les Brivistes, elles renforceront certainement un peu plus le lien qui unit depuis plus de cent ans la ville et son régiment. C’est ce qu’ont rappelé l’un comme l’autre le député-maire Philippe Nauche et le colonel Jérôme Goisque, commandant le 126 et qui commandait sur place  un bataillon. L’un comme l’autre ont également rendu hommage à l’infirmier de classe supérieure Thibault Miloche qui a payé de sa vie le prix de la paix.

L’exposition est ouverte jusqu’au 30 avril, du mardi au samedi, de 10h à 12h et de 14h à 18h30, le dimanche de 15h à 18h30. Entrée libre. Infos au 05.55.74.41.29.

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Marie Christine MALSOUTE

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