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Le musée Labenche fait la lumière sur le théâtre d'ombres

l'art de l'ombre au musée Labenche

L’exposition L’Art de l’ombre a été inaugurée hier soir au musée Labenche. Fruit du don d’un théâtre d’ombres par un couple de Brivistes, Marie-Christine et François Janaud, elle invite à découvrir l’histoire et les mystères de cette forme ingénieuse née il y a plus de 2.000 ans.

L'art de Ombre au musée LabencheC’est d’abord la profusion qui surprend en entrant dans la salle d’exposition temporaire du musée Labenche qui accueille des centaines de figures de zinc, don de Marie-Christine et François Janaud, disparu en juin dernier. « Ce théâtre d’ombres sommeillait depuis 1930 dans notre grenier. On a trouvé plus logique d’en faire profiter la ville et ses habitants« , a confié Marie-Christine Janaud, émue.

« Un don exceptionnel pour sa richesse, sa qualité et sa diversité », a souligné hier soir Patricia Bordas, premier adjoint au maire. « Au moins quatre pièces d’ombres pouvaient être jouées avec l’ensemble donné au musée« , a indiqué Mathilde Humbert, conservatrice du musée: Ulysse à Montmartre, grand succès avant la première guerre mondiale. Créé en 1910 pour le Logis de la lune, cabaret montmartrois, il relate la découverte imaginaire de Montmartre par Ulysse et ses guerriers; mais encore L’Epopée, créée en 1886 par Caran d’Ache, succès du cabaret du Chat Noir ou La Marche à l’étoile, mystère en 10 tableaux sur des dessins de Henri Rivière.

L'art de Ombre au musée LabencheLe mystère entourant encore une cinquantaine de figurines, et notamment des indigènes, que l’équipe du musée Labenche tente de percer en les reliant à des pièces d’ombres, n’est pas le seul qui intrigue au musée. Quand et comment ce théâtre d’ombres a-t-il atterri, depuis Montmartre, dans le grenier de la maison des Janaud. « On ne sait pas quelle génération l’y a amené », a reconnu Marie-Christine Janaud.

Cet ingénieux procédé, né il y a 2.000 ans du côté de l’Inde ou de la Chine, qui permettait, grâce à une source lumineuse, d’animer des silhouettes et personnages projetés sur un écran de toile tendue, était accompagné par des conteurs. Synonyme de modernité et objet de succès entre la fin du 19e et le début du 20e, le théâtre d’ombres a entamé son déclin dès le premier quart du 20e siècle avec l’essor du cinéma. Le musée Labenche met aujourd’hui ce trésor d’inventivité à l’honneur et la salle d’exposition, changée pour l’occasion en atelier, permet même au public d’assister aux opérations de dépoussiérage, d’identification et de conditionnement menées sur ces pièces par l’équipe.

L'art de Ombre au musée LabencheUne fois accomplies ces opérations, les silhouettes rejoindront les collections du musée. Le public peut-il espérer voir un jour ce théâtre d’ombres fonctionner? « Ce serait un rêve de pouvoir le présenter », confiait hier la conservatrice du musée. Mais il faudrait pour cela reconstruire les cadres de ces milliers de figurines. Un travail titanesque. Un dessein à suivre.

L’art de l’ombre, jusqu’au 16 mars au musée Labenche. De 10h à 12h et de 13h30 à 18h. Entrée libre. Infos: 05.55.18.17.70 et sur le site du musée.

L'art de Ombre au musée Labenche

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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