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L’exposition de trois sensibilités

Les œuvres des trois artistes

Le pôle universitaire de Brive accueille une nouvelle exposition, inaugurée hier soir, qui réunit les peintures des sœurs Gloria et Louisa de Andrade, ainsi que les sculptures de Charles Delpy. Les univers sont bien distincts mais ces trois amis autodidactes sont animés par ce même désir de création, qui vient faire souffler dans ces locaux de l’IUT, un vent de liberté. Jusqu’à la fin février, entrée libre.

Expo Charlies et les autres...7Dans cette salle transformée depuis maintenant plus de deux ans en espace d’exposition, réside en ce moment une douce effervescence produite par l’interaction des œuvres singulièrement différentes de Louisa et de Gloria de Andrade, et des sculptures de Charles Delpy.

Il y a d’abord les peintures de Gloria, disposées sur un pan de mur et incrustées de fleurs, de tissus et de bijoux en papier glacé. Des pièces délicates, qui sont nées dans l’esprit de l’artiste il y a un peu plus de deux ans. « Je venais de terminer un livre dense sur la spiritualité. Je pense que j’ai eu besoin de rendre visible ce que j’avais vécu en écrivant. »

Expo Charlies et les autres...6Sur l’autre pan de mur sont suspendues les acryliques de Louisa qui ouvrent la voie d’un tout autre univers. Sur les toiles, des jaunes énergisants, des violines tendres et nostalgiques réinventent un paysage passé à travers le filtre d’une subjectivité attentive à la nature. « Louisa voit dans la nature des éléments que les autres ne voient pas », expliquera Charles Delpy, en guise de présentation. C’est ce regard singulier et bienveillant que l’artiste dépose sur la toile.

Charles Delpy, devant une de ses sculpturesAu milieu de ce tourbillon de couleurs et de formes émergent les sombres et poignantes sculptures de Charles Delpy. Du bronze ou de la terre qui, pétris entre des mains tourmentées et provocantes, crient douloureusement la folie humaine. Il en va ainsi de ce couple décharné amèrement baptisé Détail de l’histoire. Si l’artiste fait sans véritable doute possible référence à l’épisode des camps de concentration, le regard de l’observateur est libre de puiser dans cette matière tiraillée, travaillée à la manière de Giacometti, une infinité de possibles et d’émotions.

Les trois artistes réunis« La création est un moment merveilleux, une extase comme seuls l’art et l’amour sont capables d’en produire. Mais créer nous permet aussi de remettre sans cesse en question ce que l’on croit savoir, de dépasser son entendement. C’est aussi pour cela que je suis heureux que cette exposition se fasse en ces murs où les jeunes gravitent. Si après ça, il y en a au moins un de plus qui s’intéresse à l’art, alors pour moi ce sera gagné », a confié Charles Delpy. « Cet espace artistique où des langages différents s’expriment sont importants pour ces têtes pensantes et travailleuses », a salué le maire Philippe Nauche qui a fait aux artistes l’honneur et la surprise de sa présence. « C’est une fenêtre sur l’utilitarisme forcené dont ils sont entourés. »

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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