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Nicolas Planchon s’en revient de Joliette

Nicolas Planchon est l’un des deux jeunes qui ont séjourné et travaillé cet été au Québec dans le cadre du jumelage entre Brive et Joliette. Rencontre avec les grands espaces et une autre culture.

Il a l’enthousiasme souriant de ses 23 ans, cette insouciante assurance d’un âge empressé de conquérir la vie. Nicolas Planchon est l’un de ces deux Brivistes qui ont séjourné cet été au Québec dans le cadre du jumelage porté par la Ville et l’association Pays de Brive Québec. Depuis plus de 30 ans, ce lien intercontinental permet à deux jeunes étudiants, de part et d’autre de l’Atlantique, de s’envoler vers une expérience unique. Sur place, les candidats à l’aventure sont logés gratuitement et les mairies respectives leur réservent un travail rémunéré au sein de leurs services. L’immersion est donc totale. « Lorsqu’on a une vingtaine d’années, c’est une opportunité exceptionnelle de partir découvrir une autre culture », reconnait l’Allassacois.

Il aurait déjà du partir en 2012, après ses études à d’Arsonval, une fois son bac en poche, mais ça n’a pas été possible pour des raisons administratives. Il avait alors une motivation plus stratégique : « Avec la crise économique en Europe, le Québec paraissait comme un petit paradis, avec des d’opportunités d’emploi, mais  c’est très dur, pour un étranger, d’obtenir un travail. Le jumelage aurait pu faciliter les choses. »

Cinq ans plus tard, mûri par des études de commerce et d’autres voyages européens, c’est « une vraie envie de découverte » qui l’anime. Pendant deux mois, tout en travaillant au Musée d’art de Joliette, Nicolas va sillonner le pays. « J’ai beaucoup voyagé en stop, car là-bas, tout le monde à 17 ans a déjà sa voiture. »

Dans un Québec qui fait 3 fois la France, Nicolas se confronte avec l’immensité des espaces. « Les Canadiens mettent particulièrement en valeur leurs parcs naturels. C’est magnifique, il y a des grands lacs, des grandes forêts où l’on peut croiser des ours en liberté, ça ressemble au plateau des Millevaches en démesuré », même si pour lui « la France offre une plus grande diversité de paysages ». « Ils n’ont pas notre souci écologique : il serait impensable chez nous de voir une telle beauté traversée par des pylônes. » Mais ce qui l’aura pourtant le plus marqué, c’est cet « autre état d’esprit, une ouverture au changement, une capacité à s’adapter, un optimisme rafraîchissant lorsqu’on vient de France où le changement est souvent ressenti comme une menace ».

Le Corrézien aura été tout aussi marqué par ce singulier attachement des Québécois à la langue de Molière. « Ils ont un véritable arsenal législatif pour défendre leur langue. Là-bas, impossible de manger chez « Kentucky Fried Chicken », il faut chercher l’enseigne « Poulet Frit du Kentucky ». On n’y grille pas non plus un Stop, mais un arrêt. » Jusqu’à se demander « si ce sont des Français qui vivent en Amérique ou des Américains qui parlent français… la réalité est plus subtile », perçoit l’étudiant. « Ils ont un mode de vie américain, une approche économique anglo-saxonne, mais pour eux, défendre la francophonie, c’est défendre leur histoire et la mémoire de leurs ancêtres morts pour la Nouvelle France face aux anglophones. »

«Je m’attendais à être plus dépaysé», avoue Nicolas qui reconnait s’être « enrichi de cette culture typiquement américaine »,  notamment dans « cette façon d’être très ouvert aux autres. On fait connaissance plus facilement, même si c’est plus difficile de se faire des amis. » Aujourd’hui, Nicolas est parti à Lille poursuivre de front des études de commerce et d’ingénieur. Son expérience estivale lui a permis d’ajouter « une belle ligne sur un CV ». Et l’envie aussi de refranchir l’Atlantique pour aller travailler pourquoi pas sur la côte Ouest, canadienne ou américaine…

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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