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Poilant soit PEF

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Comme une quarantaine d’auteurs jeunesse, l’illustrateur de Maudite soit la guerre s’est rendu dans une classe pour parler de son livre, des poilus de 14-18, de l’horreur des conflits, du plaisir d’imaginer et de l’amour des mots qui avec lui deviennent “poilants”.

 

auteurs-dans-les-ecoles2École Jules Ferry. Depuis deux jours, les 25 élèves de la classe de CE2/CM1 travaillent assidument sur l’album que cosigne avec Didier Daenincks l’auteur qui va leur rendre visite dans le cadre de la Foire du livre. “Le livre a servi de point d’ancrage à une réflexion plus large sur le devoir de mémoire”, explique Gilles Delpy. Le sujet est de circonstance à l’approche du 11 novembre. L’instituteur a d’ailleurs prévu la semaine prochaine un petit tour de ville des monuments aux morts devant la Poste et au lycée d’Arsonval, ceux dédiés aux deux conflits mondiaux. Pour l’heure, c’est un poème d’une autre guerre qui s’affiche au tableau: Le Dormeur du val d’Arthur Rimbaud, un grand classique.

auteurs-dans-les-ecoles5Arrive PEF, de son nom complet Pierre-Elie Ferrier, et les élèves en sont tout intimidés. “C’est mon siège?”, s’inquiète l’auteur en désignant l’escabeau de service, tout en interrogeant les enfants sur le genre masculin ou féminin de l’objet. “Vous avez remarqué, il y a des escabeaux et pas d’escabelles?”, s’amuse-t-il devant la stupéfaction qui se lit sur les jeunes visages. Puis avisant le poème au tableau: “Mon grand-père est mort comme ça: lui avait un trou rouge au front, il était assis contre un arbre, on aurait dit qu’il dormait.” Son grand-père, mort à l’été 1914 et qui n’a pas eu le temps de devenir un “poilu”. “Ça m’a plu cette histoire d’enfant qui va chercher son père à la guerre”, argumente-t-il en parlant de son album. “C’est pas très gai, hein, la guerre?”, lance-t-il comme un hymne à la paix. “Quand je peux crier ma colère face à la guerre, je le fais.”

auteurs-dans-les-ecoles7Le PEF enfant, “Pierrot”, aura connu celle de 39-45. “Quand j’avais 5 ans, j’ai vu des choses horribles, ça m’a beaucoup marqué, mais ça ne m’empêche pas de rire.” Et de raconter: “Lorsqu’elle s’est terminée, j’étais si maigre qu’on m’appelait fesses de rat.” Gloussements dans les rangs. Au fil des questions posées, PEF évoque alors sa grand-mère, son premier album qu’il lui a dédié, les quelque 150 livres signés depuis, l’amour des mots, le plaisir de les tordre, de les inventer… “Je suis devenu écrivain parce que je peux voyager dans ma tête. Quand je prend une feuille de papier, c’est comme si j’étais face à la mer. C’est comme de la musique.” Un formidable conteur et dessinateur qui parle si bien aux enfants.

auteurs-dans-les-ecoles6Le père du Prince de Mots tordus et des Réponses bêtes à des questions idiotes invite alors les élèves à le suivre dans sa gymnastique de l’absurde si créative: “Pourquoi les baleines ont-elles des jets d’eau?” Devant les réponses par trop sérieuses, il titille leur imaginaire: “Allez, soyez un peu idiot, faites des efforts de bêtises… C’est pour permettre aux poissons qui n’ont pas de baignoire de prendre au moins une douche.” Les enfants en redemandent, s’amusent avec ce drôle de grand enfant qui réveille leur imaginaire. Sans oublier avant qu’il ne s’en reparte de lui faire dédicacer leurs albums. Jolie rencontre.

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A propos de la Foire du livre 2016, vous pouvez consulter nos précédents articles:

 

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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