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Une Mariann’Amazone pour Octobre rose

Sandrine Maurin, adjointe au maire, Juliette Van Der Vorm à l’initiative de cette création et la sculptrice Hélène Maddaleno

C’est une fière Marianne en grès noir à laquelle manque le sein gauche. Un symbole de la République mais aussi, en ce mois d’Octobre rose, d’une féminité assumée sans reconstruction mammaire après le cancer. Elle est exposée jusqu’au 20 octobre dans le hall de la mairie. Genèse.

 

« Elle a la tête haute, elle se relève », traduit Juliette Van Der Vorm à l’origine du projet. Cette Marianne raconte l’histoire de cette femme, comme celle de nombreuses autres frappées par la maladie. Atteinte d’un cancer du sein en 2013, cette Corrézienne d’adoption a été soignée pendant deux ans au prix d’un traitement très lourd et suit encore aujourd’hui un traitement hormonal pour au moins deux ans. « Elle a connu le combat contre la maladie et le parcours du combattant que représente le processus de soin, la souffrance, les moments de doute, d’espoir aussi », commente Sandrine Maurin, adjointe au maire en charge de la cohésion sociale.

Comme de nombreuses femmes éprouvées physiquement et moralement par le cancer, Juliette Van Der Vorm a fait le choix de ne pas recourir à la reconstruction mammaire et d’assumer sa féminité telle qu’elle est aujourd’hui. De son expérience a muri ce projet d’une Marianne qui « porte un message de justice et de santé pour tous au sein de la République ».

C’est un hommage à la République et à sa mission de protection de la santé. Elle permet de bénéficier d’un système de prise en charge reconnu. J’avais envie de dire merci au service public, à l’hôpital. Cette Marianne rappelle que la féminité n’est pas tributaire de l’image du corps. C’est un message d’espoir. »

Pour la réalisation de l’œuvre, Juliette Van Der Vorm, dont le projet a bénéficié du soutien de Gynécologie sans frontières et Sage-femmes sans frontières, a passé commande à une jeune sculptrice tulliste, Hélène Maddaleno. « Je pensais qu’il y avait un modèle classique de Marianne. Pas du tout, il y en a beaucoup avec des coiffures très différentes, mais des poitrines avantageuses », s’étonne l’artiste. Pour s’entendre sur le rendu, les deux femmes avouent avoir « parlé de façon très pudique, afin que ce soit l’essentiel qui ressorte« .

« Elle a un côté fière« , se satisfait l’initiatrice qui avoue son émotion: « C’est la première sortie publique de la Marianne. » Elle a contacté contacté plusieurs communes pour exposer ce symbole républicain baptisé Mariann’Amazone. « Nous avons tout de suite adhéré », explique Sandrine Maurin. « C’est une initiative originale qui prend place dans le cadre d’Octobre rose, mois consacré à la sensibilisation et la lutte contre le cancer du sein. » La Marianne sera visible jusqu’au 20 octobre dans le hall de la mairie et devrait ensuite être exposée dans une autre commune corrézienne, à Darazac.

« C’est le premier éclairage d’un projet qui je l’espère va exploser de mairie en mairie », confie Juliette Van Der Vorm. « J’ai envie qu’elle devienne un emblème d’Octobre rose, avec une écharpe tricolore en « bleu, blanc et rose » avec comme devise « tolérance, équité, solidarité ».

 

 

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Sylvain MARCHOU

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Sylvain MARCHOU

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