La Rencontre des entrepreneurs organisée ce jeudi 2 juillet à la Halle Georges-Brassens a réuni près de 450 acteurs économiques de la Corrèze autour d’un thème : « Les PME, piliers du territoire ». Avant l’intervention très attendue de Mourad Boudjellal, le président national de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises), Amir Reza-Tofighi, a présenté à Brive la nouvelle identité de l’organisation patronale, désormais baptisée « Les Entrepreneurs ».
Un nom plus simple, plus direct et surtout plus large. Une annonce symbolique faite à l’occasion de la deuxième édition de ces Rencontres, organisée par la CPME Corrèze. « C’est incroyable d’avoir 450 personnes ce soir. Bravo pour cet événement ! », a lancé le président national à son arrivée sur scène.
« Ce n’est pas une taille d’entreprise, mais une façon d’entreprendre »
Derrière cette nouvelle appellation, Amir Reza-Tofighi défend une volonté : mieux représenter celles et ceux qui dirigent une entreprise, quels que soient sa taille, son secteur ou son territoire.

« Ce que nous avons retrouvé dans le travail réalisé sur notre raison d’être, c’est qu’à la fin, ce n’était pas vraiment une taille d’entreprise, mais une façon d’entreprendre », a-t-il expliqué. Une manière d’entreprendre incarnée par des dirigeants qui engagent « leur patrimoine, beaucoup de leur temps et souvent aussi leur famille ».

En choisissant un nom commun et immédiatement identifiable, l’organisation souhaite s’adresser à ses adhérents, mais également « à tous ceux qui aujourd’hui ne le sont pas encore ». « Les Entrepreneurs, ce sont tous ceux qui entreprennent, qui prennent des risques et qui ont besoin d’être défendus et soutenus », a résumé son président.

L’organisation revendique 320 000 entreprises adhérentes par l’intermédiaire de ses fédérations territoriales et de ses branches professionnelles, représentant environ 5,5 millions de salariés. Amir Reza-Tofighi a également salué le dynamisme de la fédération corrézienne, qui rassemble 510 adhérents, et qui est dans le Top 5 des fédérations en France.
Son président, Pascal Esclaire, a rappelé que l’équipe départementale accompagne chaque année près de 150 entrepreneurs confrontés à des difficultés, des démarches administratives ou des projets de développement. Il a souligné l’importance du dialogue avec les services de l’État, les collectivités et les partenaires économiques pour « débloquer des situations, accélérer des démarches et apporter des réponses concrètes aux chefs d’entreprise ».
Faire entendre la voix des territoires
Dans un contexte économique, politique et international jugé difficile, Amir Reza-Tofighi a appelé les dirigeants à ne pas laisser le débat public se construire sans eux.
« La séquence qui va s’ouvrir après l’été et durer jusqu’à la prochaine élection présidentielle est cruciale pour que les entrepreneurs prennent la parole et se fassent entendre », a-t-il affirmé.
L’organisation prévoit ainsi un tour de France des territoires à partir de la rentrée afin de recueillir les propositions de ses adhérents. Elle souhaite notamment remettre au centre des débats la croissance, le pouvoir d’achat et la rémunération du travail.

« Il faut montrer que la réussite des entreprises, c’est aussi la réussite des salariés », a insisté Amir Reza-Tofighi. Pour lui, les dirigeants de PME disposent d’une légitimité particulière : celle du terrain et de la proximité. « Nous ne sommes pas là pour nous faire élire. Nous pouvons dire la vérité ».
Stabilité des règles, baisse du coût du travail, simplification administrative et visibilité à long terme figurent parmi les principales attentes exprimées. « Quand les normes et les règles changent sans arrêt, c’est très difficile de piloter une entreprise », a-t-il rappelé.
Mourad Boudjellal, de la bande dessinée au sommet du rugby européen
La soirée s’est poursuivie avec Mourad Boudjellal, invité d’honneur de cette édition. Animé par Thierry Blancot, l’échange a permis de revenir sur un parcours atypique : celui d’un entrepreneur parti de l’édition de bandes dessinées avant de conduire le Rugby Club Toulonnais au plus haut niveau européen.

Avant de devenir une figure du rugby français, Mourad Boudjellal s’est en effet imposé dans le monde de la bande dessinée. En 1989, il crée à Toulon Soleil Productions, appelée à devenir l’une des principales maisons d’édition françaises du secteur, avec notamment la série à succès Lanfeust de Troy. En 2006, il prend la présidence du Rugby Club Toulonnais et conduit le club au sommet. Sous sa direction, le RCT remporte trois Coupes d’Europe consécutives, en 2013, 2014 et 2015, ainsi que le championnat de France, en 2014. Un parcours singulier, entre culture et sport, guidé par le goût du risque, de l’innovation et de la performance collective.

« Quand j’ai voulu devenir éditeur, je ne savais pas ce qu’était une entreprise. C’était quelque chose d’abstrait », a-t-il raconté. Sa première société est née grâce à un prêt de 50 000 francs, soit environ 7 500 euros. « Je ne serais pas là aujourd’hui s’il n’y avait pas eu un banquier qui avait cru en moi. Avec cette somme, j’ai ensuite créé des centaines d’emplois. »
Une expérience qui nourrit chez lui une conviction : l’entreprise devrait être davantage expliquée dès l’école. « On forme les jeunes pour chercher un patron, pas pour chercher un client. Je trouve cela dommage. Il faudrait apprendre ce qu’est une entreprise, comment la créer, comment lire un bilan. »
Son passage de l’édition au rugby est, lui, né presque par hasard, à la faveur d’une rencontre dans un ascenseur avec l’ancien joueur Éric Champ. Mais lorsqu’il prend la présidence du RCT, Mourad Boudjellal applique rapidement une stratégie d’entrepreneur : attirer des stars pour accroître la visibilité du club, remplir le stade et convaincre de nouveaux partenaires.
« Le prix d’un joueur, ce n’est pas seulement ce qu’il coûte. C’est la différence entre ce qu’il coûte et ce qu’il rapporte », a-t-il expliqué. Billetterie, produits dérivés, sponsors, attractivité sportive : le recrutement de grands noms a permis à Toulon de changer de dimension.
Du talent, mais surtout un collectif
À travers ses souvenirs de Jonny Wilkinson, Bernard Laporte ou encore des grandes années européennes du RCT, Mourad Boudjellal a surtout insisté sur le travail, l’exigence et la force du collectif.
Il a raconté les interminables séances d’entraînement de Jonny Wilkinson, parfois présent sur le terrain dès 7 h 30 pour répéter inlassablement les mêmes gestes. « Il ne vivait que pour le prochain match. Sa question était toujours : comment être encore plus motivé pour celui qui arrive que pour celui qui vient de se terminer ? »

Mais une accumulation de talents ne suffit pas. « Dans un club, vous avez besoin que les gens jouent ensemble. Vous pouvez avoir les meilleurs joueurs : s’ils ne fonctionnent pas ensemble, cela ne marchera pas. »
Une leçon directement transposable au monde de l’entreprise, même si Mourad Boudjellal a rappelé les particularités du sport professionnel : l’exposition médiatique permanente, le poids du public et une part d’incertitude impossible à maîtriser. « Vous pouvez tout préparer et perdre sur un ballon qui touche le poteau. Entre un poteau rentrant et un poteau sortant, il y a parfois un centimètre et des conséquences considérables. »
« Il y a tout ce qu’il faut à Brive »
Interrogé sur le CAB, Mourad Boudjellal n’a pas résisté à l’envie de chambrer gentiment les brivistes sur la place actuelle du club en Pro D2. Mais l’ancien président toulonnais s’est aussitôt montré confiant, rappelant que Brive appartenait au cercle très fermé des clubs français ayant remporté la coupe d’Europe.

« Il y a tout ce qu’il faut ici : une identité forte, un public, des entreprises et une vraie volonté entrepreneuriale », a-t-il estimé. Pour lui, un club professionnel crée du lien dans les entreprises, favorise les rencontres entre partenaires et participe directement à l’attractivité d’une ville. « Tous les collaborateurs vont vibrer autour du même match. Cela crée un lien dans l’entreprise. Et recevoir un client dans les conditions d’un match, ce n’est plus du tout la même relation ».
Avant de quitter la scène, Mourad Boudjellal a adressé un dernier conseil aux dirigeants présents : surveiller leur trésorerie dans une période incertaine, sans renoncer à leurs ambitions. « Croyez dans vos rêves et dans vos entreprises. Ce sont vos bébés. »
Brive Tourisme accompagne aussi les événements d’entreprise
La Rencontre des Entrepreneurs illustre également un autre savoir-faire local. ce type de soirée fait partie des prestations proposées par Brive Tourisme, qui accompagne les entreprises, les fédérations et les institutions dans l’organisation de leurs évènements professionnels.

Recherche de lieux, coordination des prestataires, restauration, hébergement, animations ou organisation générale : ses équipes peuvent concevoir des rendez-vous sur mesure, du séminaire à la soirée de gala, en passant par les congrès, les réunions professionnelles et les opérations de cohésion.
Une activité qui participe à l’attractivité économique du territoire et permet aussi de faire découvrir Brive et sa région autrement aux participants.
Une conclusion en forme de fil rouge pour une soirée placée sous le signe de l’audace, du collectif et du territoire.
