Le musée Michelet fête ses 50 ans

Ses jardins accueille une soirée événement ouverte à tous mercredi 17 juin à partir de 18h. En écho à ce jour de 1940 où Edmond Michelet entra dans la Résistance...
© Lucie Boyer musée Michelet

Une maison, celle d’Edmond Michelet, résistant d’avant l’heure, déporté, survivant, plusieurs fois ministres. L’esprit a imprimé le lieu devenu musée. Depuis cinquante ans, la mémoire y parle au présent d’un combat incessant : défendre la part de l’homme.

C’est autour de cet engagement profond que sera célébré ce demi-siècle d’existence à travers évocations, souvenirs et tables rondes rappelant ainsi les événements qui ont marqué l’histoire du lieu (repli salle d’honneur en cas de pluie). Le 17 juin précisément, en écho à ce jour de 1940 où Edmond Michelet distribua avec des amis dans les boîtes aux lettres de Brive un tract qu’il avait rédigé juste après avoir écouté le maréchal Pétain annonçant la fin des hostilités.

« C’était sa maison familiale, qu’il a acquise avec son épouse Marie en 1929, celle dans laquelle il a vécu, travaillé, qu’il a agrandie par deux ailes. Elle nous parle de cet homme ordinaire qui a fait des choses exceptionnelles », rappelle Laurent Soutenet, président de la Fraternité Edmond Michelet, propriétaire de ce lieu chargé d’histoire. Cette maison bourgeoise de la rue Champanatier, qui a accueilli réfugiés et résistants pendant la Seconde Guerre mondiale, s’inscrit toujours dans cet héritage.

Lucie Boyer

Dès sa mort en 1970, l’idée germe chez sa veuve, « l’incomparable Mamé », d’en faire un lieu de mémoire. Bien plus, un lieu de transmission pour entretenir la flamme, avec au fil du temps des expositions, conférences, colloques, avec un service éducatif accueillant les scolaires. Un lieu pas du tout poussiéreux, bien vivant qui brasse les publics car le musée est aussi « Centre national d’études de la Résistance et de la Déportation », d’où la présence d’archives, dont une collection unique de 450 affiches de propagande, et d’une bibliothèque spécialisée, « certainement la plus importante du Sud-Ouest », que viennent consulter nombre de chercheurs et qui lui confère une aura dépassant les frontières.

Un pari sur l’avenir

Cet anniversaire est donc une belle occasion de rappeler l’existence du musée et de tout ce qu’il propose. « L’installer, ici, était un pari sur l’avenir. Il a été inauguré en grande pompe le 8 mai 1976, avec Jacques Chirac, alors Premier ministre, Louis Terrenoire, président de la Fraternité, ancien ministre comme le maire Jean Charbonnel… Il n’était pas gagné qu’il trouve un intérêt et qu’il parle aux générations successives. »

Le Centre n’a jamais cessé de voir son public augmenter, qu’il soit briviste, corrézien, national et international, « environ 5 000 visiteurs par an ». Un lieu touristique et patrimonial qui bénéficie du label « Maisons des illustres » attaché aux demeures où ont vécu des personnalités marquantes de l’histoire de France. « Il suffit de parcourir le livre d’or, les visiteurs sont séduits par l’intimité du lieu où ils peuvent ressentir ce qui était au cœur du combat d’Edmond Michelet. »

Et au cœur, il y a Dachau, cette atrocité impensable qui n’en exclura pas de suivantes. « Vingt ans avant, tout le prépare à cet engagement, défendre la part de l’homme que l’on a voulu anéantir dans les camps de déportation. » Edmond Michelet y puisera un ouvrage révélateur de sa pensée, Rue de la liberté, un témoignage d’espérance et de dignité humaine. « C’est le combat contre tous les totalitarismes. » Pas de hasard si le jardin accueille la stèle des droits de l’homme fleurie chaque année le 10 décembre. Y fleurissent aussi les sept rosiers plantés après l’assassinat des sept moines de Tibhirine. Le lieu est fédérateur.

À la rencontre des publics

« Notre volonté est de diversifier et d’attirer la curiosité du public, aussi bien sur nos fondamentaux, la Seconde Guerre mondiale et la Résistance, qu’en ouvrant sur l’histoire des 20e et 21e siècles », explique son directeur Thierry Pradel, agent municipal comme toute l’équipe du musée depuis 2004. La Fraternité a en effet confié, par convention renouvelée, la gestion de l’établissement à la Ville, une gestion qui s’opère main dans la main et fait consensus, avec toutes les municipalités successives. « Le musée s’inscrit dans le paysage briviste », constate Laurent Soutenet qui annonce un numéro spécial dans la prochaine revue Fidélité.

La soirée événement

Elle aura lieu dans les jardins du musée, ce mercredi 17 juin à partir de 18h. En écho à ce jour de 1940 où Edmond Michelet entra dans la Résistance, distribuant avec des amis dans les boîtes aux lettres de Brive un tract qu’il a rédigé juste après avoir écouté le maréchal Pétain annonçant la fin des hostilités. Cette soirée, ouverte à tous (dans la limite des places disponibles), déroulera évocations, souvenirs et tables rondes sur les événements qui ont marqué l’histoire du musée (repli salle d’honneur en cas de pluie).

Profitez-en aussi pour découvrir l’exposition actuelle « Mémoire de pierre. Corrèze-Auschwitz », mettant en lumière le travail conjoint de l’historien corrézien Jean-Michel Valade et de l’illustrateur Antoine Quaresma autour de l’adaptation en bande dessinée du roman La stèle.

Le musée est ouvert du lundi au vendredi de 11h à 18h et samedi de 13h à 18h. Gratuit. Plus d’infos sur museemichelet.brive.fr. Un lieu de conservation, d’expositions, de recherches, d’échanges… un lieu qui se veut citoyen, accessible à tous et gratuit, « une volonté de l’incomparable Mamé », qui était elle aussi ordinairement exceptionnelle.

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