Pour eux, la destination briviste résonnait d’une notoriété rugbystique. Ils s’attendaient certes à un séjour certes mais certainement plus décontracté en arrivant mercredi après-midi « la fleur au fusil », leurs tenues arborant d’ailleurs de jolis imprimés colorés…

« On avait prévu des chemises de plage. Ah, ça a été une belle surprise ! », témoigne Jules Dauga. Le talonneur de 20 ans et ses camarades se sont vite retrouvés en treillis réglementaire pour trois jours et trois nuits en stage d’aguerrissement.

L’initiative émane de leur manageur Florent Guichard qui a sollicité le savoir-faire du 126 pour apporter de la cohésion en fin de préparation pré-saison. « J’ai eu la chance de venir déjà ici en 2019 et de constater tout le bénéfice d’un tel stage pour révéler des valeurs qui font partie intégrante de l’armée : l’abnégation, le dépassement de soi, la solidarité, l’entraide. Le tiers d’entre eux ne se connaissent pas. Les conditions très rudimentaires auxquelles ils ne sont pas habitués, vont aider à souder le groupe. Elles vont aussi permettre d’identifier des leaders sur lesquels m’appuyer. »

Des conditions à la dure avec exercices qui s’enchainent au terrain militaire de Séchepierre, rations de combat en guise de repas, nuits sous tentes… Le commun du régime d’acclimatation d’un militaire. « C’est un enchainement permanent. Il n’y a pas beaucoup de temps de sommeil », reconnait Jules Dauga.
De fait, les stagiaires ont été réveillés à 2h la nuit précédente pour un petit « réveil musculaire », puis deux heures plus tard pour un réveil plus explosif et ainsi de suite. Un petit footing les a amenés jusqu’à la caserne Laporte pour la levée des couleurs avant de remonter au pas de course au terrain d’entrainement où se suivent descentes en rappel, parcours d’audace, passage à gué, en rampant, en espaliers, franchissement d’obstacles qui plus est en trainant une caisse pour pimenter l’entraide… Jusqu’à devoir pousser un camion de transport de troupes faussement tombé en panne… Toute la puissance d’un pack en action.



« On doit tout faire les uns pour les autres, on s’aide, on se porte… Ça nous oblige à nous dépasser. Oh que oui, ça va être bénéfique, ça nous soude », ressent le jeune talonneur. « L’esprit de corps », cher aux militaires, diffuse au sein du groupe où l’on reconnait les petits nouveaux affublés de la « boule à zéro » d’intégration, comme à l’armée. Staff et militaires scrutent le moindre comportement.

Reconnu pour son expérience opérationnelle, le régiment briviste est aussi convoité par la société civile pour ce type de stage. « Surtout par le milieu sportif, nous avons déjà encadré par exemple un stage pour les filles du CAB. Désormais, nous sommes également sollicités par des entreprises », confirme le lieutenant-colonel Nicolas Germain, commandant en second.
Après une nuit tout aussi agitée en exercices, c’est un autre décor qui attend aujourd’hui les espoirs du Stade français. Direction « la plage », mais celle du lac du Causse, avec un programme aussi intense mêlant course d’orientation, parcours aquatique ou brancardage. Une expérience qui va certainement les accompagner et les souder pendant cette nouvelle saison.












