Il y a des lundis difficiles qui vous trouvent toujours en état de stupéfaction et d’incompréhension. De ce week-end de contestation nationale, ne restent ainsi que ces images de chaos, ces déversements de violence et de haine qui ont finalement occulté les revendications des manifestants, si légitimes soient-elles.
Pillages de commerces, vandalismes divers et par dessus ce qui était déjà inacceptable, toutes ces destructions et incendies de bâtiments publics et de mairies, des attaques graves à nos institutions démocratiques, autant garantes que porteuses des valeurs de la République, au premier chef du vivre ensemble dans nos diversités.
« Ce ne sont pas seulement les institutions publiques qui sont attaquées, mais de façon bien plus grave, les libertés publiques de tous les Français (…) Un vrai risque pour la toute Nation« , soulignait hier dimanche l’Association des maires de France AMF, en appelant les citoyens à se rassembler devant les mairies ce lundi 19 octobre. Concluant que « la priorité est désormais faite au rétablissement de l’ordre pour que les libertés publiques puissent être respectées ».
Conseillers municipaux, agents de la Ville et de l’Agglo, représentants de syndicats, d’associations, habitants nombreux se sont ainsi retrouvés à 12h30 aujourd’hui devant l’Hôtel de Ville à Brive. Les visages graves et silencieux pour dire leur colère et leur tristesse.
« La violence ne peut jamais être une réponse au désaccord », a insisté Valérie Taurisson, premier adjoint au maire, entourée des ses homologues du conseil municipal. « Notre République garantit à chacun la liberté de s’exprimer, de contester et de manifester. Mais cette liberté ne saurait justifier les actes de violences commises par les casseurs, les agressions, les intimidations ou les destructions. C’est précisément dans les moments de tension que nous devons rappeler la force de nos principes démocratiques et le respect que nous devons à nos institutions. »

Avec « une pensée particulière pour Limoges, notre voisine« , dont la mairie, la maison commune, a été détruite par un incendie. « Frédéric Soulier a échangé personnellement avec son maire, Guillaume Guérin, pour lui dire notre solidarité et lui assurer que Brive se tenait à ses côtés, prête à apporter son aide. »
Dans le discours lu au nom du maire actuellement éloigné du territoire, la première adjointe a salué « l’engagement à l’échelle nationale des forces de l’ordre, des sapeurs-pompiers et de l’ensemble des agents publics qui, dans des circonstances parfois particulièrement difficiles, assurent la protection de nos concitoyens et la continuité de nos services publics. Leur engagement mérite notre reconnaissance et notre respect ».
« Car derrière les bâtiments dégradés, les équipements détruits ou les commerces saccagés, il y a des femmes et des hommes, des habitants, des agents, des commerçants. Il y a aussi des services rendus à la population, des lieux de vie et tout ce qui fait le quotidien de nos communes (…) Parce que nos communes sont le premier visage de la République, parce qu’elles sont les lieux où se construit chaque jour notre vie collective, nous devons rester unis pour les protéger et pour défendre ce qui nous rassemble. » Le chant de La Marseillaise repris à l’unisson a clos ce rassemblement.
