« On est dans le séjour. » « Non, on est dans le bureau ! » « Non, on est dans l’accueil ! » À peine le plan distribué, les enquêteurs semblent déjà avoir perdu le nord. La mission s’annonce plus compliquée que prévu. Et ce n’est que le début !

Gérard est venu avec sa petite fille Leily. Françoise accompagne elle aussi ses deux petits enfants, Clotilde, bientôt 13 ans et son petit frère Clarence, 8 ans. Tous ont accepté de relever le défi de « Mission Résistance », un jeu de piste qui les entraîne à travers l’ancienne maison d’Edmond Michelet. Le but étant de récupérer une lettre de mission soigneusement dissimulée dans le musée.
Mais avant de se lancer, il faut s’organiser. Qui décode les messages ? Qui tient le plan ? Qui note les réponses ? Chacun veut apporter sa pierre à l’édifice. Premier obstacle, trouver son chemin. « Vous savez ce que c’est un âtre ? », demande l’animatrice. « C’est pas une cheminée ou un truc comme ça ? » Bonne réponse ! La petite troupe peut enfin se mettre en route.
Les premières énigmes donnent déjà du fil à retordre. Des lettres manquantes à retrouver, des mots à reconstituer, des codes à déchiffrer. « Parachute ! » propose quelqu’un. « Mais un parachute, il y a un T ! » Les hypothèses s’enchaînent jusqu’au déclic. « Parachutage ! » Cette fois, c’est gagné. Direction la salle du même nom.
Le choix de ce texte n’a rien d’un hasard. Le 17 juin 1940, Edmond Michelet avait fait distribuer dans les boîtes aux lettres de Brive un tract reprenant les mots de l’écrivain Charles Péguy pour appeler à ne pas se rendre. Son premier acte de Résistance.

Et le jeu se complique. Il faut décrypter un message en morse, retrouver des lettres dans un texte, suivre un itinéraire sur une carte à l’aide d’une corde à nœuds, puis superposer des calques sur des vitraux. Clotilde participe activement aux recherches, tandis que les adultes tentent de mettre un peu de méthode dans tout ça. Pas toujours avec succès !
Les générations confrontent leurs idées, chacun défend sa théorie et les indices ne font pas toujours l’unanimité. Il faut parfois accepter de tâtonner, de revenir en arrière et surtout de faire preuve de patience. Pas si simple quand on veut connaître la suite !


Le parcours exploite les différentes pièces de l’ancienne maison familiale d’Edmond Michelet. On monte, on redescend, on traverse les salles, à l’exception de celles présentant des œuvres trop difficiles pour les plus jeunes.« L’idée, c’était vraiment de revenir sur les différentes pièces », explique la directrice adjointe du musée. Mais aussi de faire découvrir ce lieu à des familles qui n’auraient pas forcément poussé la porte. « Qu’ils puissent se dire qu’au musée Michelet, c’est un endroit qui est sympa et où on apprend des choses, mais avec le jeu. »
Le pari semble fonctionner. Depuis le lancement, samedi 24 octobre, « Mission Résistance » a déjà séduit une douzaine de familles. Un premier essai encourageant pour l’équipe du musée, qui envisage de renouveler l’expérience pendant les vacances de Noël
Mais la dernière épreuve n’était pas vraiment prévue au programme.


Lors d’un tir à la sarbacane, l’un des enfants envoie malencontreusement une balle dans les buissons. Et voilà Françoise, Gérard et Clotilde partis à sa recherche ! Cette fois, pas de code à déchiffrer ni d’indice pour les guider. On inspecte les feuillages, on se penche, on fouille. Les recherches se poursuivent dans les rires. On envisage même de déclarer forfait jusqu’au cri de victoire. « Il l’a retrouvée ! » Le grand-père ressort des buissons, la balle à la main. « Merci papi ! »
Encore quelques jours pour mener l’enquête. « Mission Résistance » se poursuit jusqu’au samedi 31 octobre, à 14 h 30 et 16 h 30, dès 8 ans. Réservation au 05 55 74 06 08.