Ce drôle de coussin veille sur Planchetorte

Dans le quartier 17, la Ville renforce la défense incendie. Une réponse concrète, portée sur le terrain par Jean-Claude Chauvignat

Il y a des équipements que l’on espère ne jamais voir servir. À Planchetorte, les bâches incendie font partie de ceux-là. De grandes poches d’eau, discrètes dans le paysage, mais indispensables lorsque le feu s’en mêle.

Jean-Claude Chauvignat les connaît bien. Président du quartier 17, les Villages sud de Brive, il suit de près ce dossier. Dans ce secteur entre combes, prairies, coteaux boisés et propriétés privées, la défense incendie ne ressemble pas à celle du centre-ville. « Ici, les bornes rouges que l’on voit ailleurs ne peuvent pas toujours être installées. Les réseaux n’ont pas assez de débit ni de pression », explique-t-il.

Jean-Claude Chauvignat, à la table d’orientation, montre la vallée de Planchetorte qu’il connait par coeur.

La solution passe donc par des bâches incendie, dans lesquelles les pompiers peuvent puiser rapidement en cas d’intervention. Simple en apparence. Mais sur le terrain, rien ne l’est vraiment. Il faut choisir les bons emplacements, tenir compte des accès, des distances et des longueurs de tuyaux.

C’est là que la création du quartier 17 a changé les choses. En donnant une existence propre à ce territoire rural du sud de Brive, la Ville a permis de mieux faire remonter ses besoins spécifiques. « Avant, on était rattachés à un autre quartier. Nous, on avait des problèmes de fossés. Eux, des problèmes de trottoirs. Ce n’était pas du tout pareil ».

Avec ses douze villages et ses douze conseillers, le Q17, c’est son nom, a pu bâtir un plan d’action adapté. La Ville a ainsi engagé l’installation de bâches à Siorat, Ligneyroux, Champ et Beylet. Chaque équipement représente environ 30 000 euros, soit 120 000 euros au total.

Ces réserves n’ont pas été implantées au hasard. Certaines se trouvent sur des terrains communaux. D’autres ont été cédées. À Beylet, une convention a été passée avec le Conservatoire d’espaces naturels, présent dans la vallée.

Les pompiers ont également été associés à la réflexion. Et puis la prévention a rencontré le terrain en juin 2025. Un départ de feu s’est déclaré le long de la ligne Paris-Toulouse. La réserve de Ligneyroux a alors servi. Avec ses 30 m³, soit l’équivalent de six camions-citernes, les pompiers disposaient sur place d’une réserve conséquente.

À Planchetorte, l’enjeu dépasse la seule protection des habitations. La vallée, remarquable, est connue pour ses grottes, ses falaises de grès, ses zones humides et sa biodiversité. Une richesse, mais aussi une fragilité lorsque les fortes chaleurs s’installent. Les bois, les prairies sèches, les combes qui remontent vers les propriétés, et même les sapins fragilisés par l’orage de grêle du 25 juin 2025 rappellent l’importance d’une vigilance de terrain.

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