Habitants, élus, représentants de l’État et partenaires ont fait le point hier, sur cette nouvelle phase du renouvellement urbain.
Un chantier d’ampleur, avec plus de 26 millions d’euros investis sur 33 hectares, à l’ouest de Brive. Et une phrase, d’emblée, pour dire l’enjeu.
“Transformer Gaubre, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité”, a déclaré le maire, Frédéric Soulier.
Cette nouvelle phase du programme ANRU ne se limite pas à la rénovation des logements ou au réaménagement des espaces publics. Elle vise à améliorer concrètement le cadre de vie des habitants, tout en préservant l’identité de Gaubre. Logements, espaces publics, circulations, usages du quotidien… l’ambition est d’accompagner la transformation du quartier sans effacer ses repères, en maintenant la vie pendant les travaux et en préparant les besoins de demain.
Deux hectares pour respirer
L’un des grands chantiers concernera les espaces publics. Deux hectares doivent être réaménagés pour redonner de l’air au quartier, avec davantage de végétal, des circulations plus lisibles et de nouveaux lieux de rencontre. Là où le béton des années 1960 avait imposé ses lignes, le projet veut ouvrir des perspectives.

Visuel d’illustration
Sur le plan présenté, estimé à 2 millions d’euros, plusieurs éléments se dessinent. Une future résidence intergénérationnelle portée par Brive Habitat, deux parcelles destinées à des constructions privées, un travail d’intégration autour de la mosquée, mais aussi des équipements sportifs, avec un terrain de basket 3×3 et un espace de parkour.
De quoi changer les usages au quotidien. À condition, bien sûr, que ces nouveaux espaces soient appropriés par ceux qui les feront vivre. Car un plan ne suffit pas à faire un quartier. Ce sont les habitants, leurs habitudes et leurs rencontres qui lui donnent son âme.
Toulzac en chantier fin 2026
Après Latreille et ses 18 logements réhabilités, l’allée Toulzac prendra le relais au dernier trimestre 2026. Au programme, 32 logements concernés, avec des interventions sur les extérieurs, les appartements et les parties communes. Pour les deux opérations, l’enveloppe globale approche les 4 millions hors taxes.
Reste le quotidien des habitants pendant les travaux. Accès, stationnement, bruit, poussière, calendrier. Autant de sujets très concrets qui comptent dans la vie d’un quartier. “Il faudra transformer sans empêcher de vivre le quartier”, a insisté le maire, en rappelant l’importance d’un accompagnement au plus près.
Derrières les chiffres, des habitants
Les déconstructions sont désormais achevées. Au total, 151 logements à André-Gide, Robespierre et Toulzac. En face, la reconstitution de l’offre porte sur 68 logements. Une partie sera réalisée hors des quartiers prioritaires, conformément aux orientations de l’ANRU, afin de favoriser la mixité sociale.

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Concrètement, 23 logements sont prévus à Malemort, 25 à Gaubre avec la future résidence intergénérationnelle, et 20 à Tujac. Une approche dite “ex nihilo”, qui consiste à reconstruire une offre nouvelle sur d’autres secteurs de la ville et de l’agglomération.
Il y a les chiffres, et il y a des parcours de vie. Des habitudes, des voisins, des souvenirs. Jacques Vignal, président de Brive Habitat, l’a rappelé. Une famille occupe en moyenne le même logement pendant 16 ans. Et parfois bien davantage. “C’est un crève-cœur de quitter un logement que l’on a occupé aussi longtemps.” Le record atteint dans le quartier parle de lui-même, avec 62 ans passés dans le même appartement.
Au total, 118 familles étaient concernées par les relogements. 87 ont déjà retrouvé un logement, majoritairement à proximité. Un travail de terrain, mené au cas par cas, que Claude Peyronnet, président du conseil de quartier, a suivi de près. « Globalement, les habitants sont satisfaits. Tous les contacts que nous avons eus, vont dans ce sens ». De quoi rappeler que le renouvellement urbain se joue aussi là, dans cet accompagnement discret, au plus près des habitants.
Une résidence pour créer du lien
Le projet prévoit aussi une résidence intergénérationnelle de 25 logements, du T1 bis au T3. Elle accueillera des personnes âgées autonomes ou fragiles, des jeunes de 18 à 30 ans, des familles nucléaires ou monoparentales.
L’idée est simple. Faire se croiser les générations, lutter contre l’isolement et créer des espaces partagés. Pas seulement des logements côte à côte, mais un lieu de vie, avec des rencontres, des services rendus et des moments conviviaux.
Changer le regard sur Gaubre
C’est aussi l’un des enjeux du projet. Celui de l’extérieur, et aussi, des habitants sur leur propre cadre de vie. Au départ, ce quartier ne figurait pas, parmi les priorités des programmes de rénovation urbaine. Aujourd’hui, Il est au centre des attentions.
Pour Vincent Berton, préfet de la Corrèze, cette nouvelle étape est l’aboutissement d’un travail de longue haleine. « Si Gaubre bénéficie de financements complémentaires, c’est grâce à la qualité du travail mené localement. » Une reconnaissance qui se traduit concrètement. L’État participe ainsi à hauteur de 8 millions d’euros, pour améliorer les logements, développer les espaces verts, accompagner la transition environnementale et favoriser la mixité sociale et générationnelle.

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Dans cette transformation, la tranquillité publique reste aussi un point de vigilance. État, police nationale, police municipale et services de la Ville continueront à travailler ensemble.
Les coups de pelle n’ont pas commencé que le futur Gaubre commence déjà à se dessiner. Plus vert, plus ouvert, mieux connecté à la ville. Reste désormais à faire vivre ces futurs espaces avec ceux qui connaissent le mieux le quartier, ses habitants.