Réuni hier à Paris à l’Institut Sothys, partenaire de la Foire du livre de Brive, le jury* a décidément l’art de plébisciter les voix particulières. Après Abdellah Taïa l’an dernier, Jean Echenoz: sans être un auteur grand public, presque déjà un « classique ». Pas seulement parce que son œuvre fait l’objet de recherches universitaires, mais justement par sa singularité et son ancrage dans la tradition littéraire.
Ce romancier du mouvement et de l’observation, lauréat du prix Goncourt en 1999, signe une œuvre riche et élégante, à la fois ludique et profondément humaine. Il aime se définir comme un auteur de « romans géographiques », explorant avec précision les paysages du monde comme ceux de l’esprit.
Jean Echenoz conjugue une élégance mélancolique de la narration. On doit à cet esthète de l’ironie, de la légèreté et du détachement, Le Méridien de Greenwich (prix Fénéon en 1979), Cherokee (prix Médicis en 1983) ou Je m’en vais (prix Goncourt en 1999). Fidèle aux Éditions de Minuit, il signe cette année son 18e roman Bristol, dont le héros est réalisateur. Chaque nouveau roman éclairant d’une manière nouvelle les précédents. Toujours en mouvement.
Rappelons que ce Prix de la langue française, créé à l’initiative de la Ville de Brive en 1986, distingue une personnalité du monde littéraire, artistique ou scientifique, dont l’œuvre contribue de façon importante à illustrer la qualité et la beauté de la langue française. À son prestigieux palmarès figurent notamment Annie Ernaux, Pierre Assouline, Emmanuel Carrère, Mona Ozouf, Pierre Bergounioux ou Louis-Philippe Dalembert…
* Le jury était composé de Laure Adler, Tahar Ben Jelloun, Philippe Claudel, Antoine Compagnon, Étienne de Montety, Éric Fottorino, Jérôme Garcin, Franz-Olivier Giesbert, Paula Jacques, Dany Laferrière, Alain Mabanckou, Éric Neuhoff, Jean-Noël Pancrazi, Danièle Sallenave et Christian Signol.