Jean-Marie, le sens du détail

À l’approche du Forum du handicap du 7 octobre, notre série de portraits se poursuit avec Jean-Marie Chatenet. Membre bénévole du groupe AutonomiA, il arpente la ville avec un œil attentif aux obstacles qui compliquent les déplacements.
@Fatima Kaabouch
@Fatima Kaabouch

Un chevalet qui empiète sur un trottoir. Une poubelle devant une place PMR. Une bande de guidage oubliée. Là où beaucoup passent sans y prêter attention, Jean-Marie Chatenet, lui, regarde et note.

« On ne fait pas toujours attention aux petits détails. » Pour lui, c’est pourtant là que se joue l’accessibilité, dans ces aménagements quasi invisibles lorsqu’ils sont bien pensés, et dont l’absence peut suffire à compliquer le quotidien.

Jean-Marie connaît bien le sujet. D’abord mandaté par la FNATH, la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés pour siéger à la commission communale d’accessibilité, il représente aujourd’hui les usagers au sein d’AutonomiA, groupe créé en 2015 à l’initiative de Didier Trarieux. Son principe est simple, réunir usagers, associations, élus et services techniques pour confronter les plans à l’épreuve de la rue.

De ce travail collectif est née une charte de l’accessibilité de la voirie et de l’espace public. Destinée à tous ceux qui interviennent dans la ville, elle décline très concrètement les règles à respecter en matière de cheminements, traversées piétonnes, mobilier urbain, stationnement, arrêts de bus ou encore chantiers.

Mais Jean-Marie ne se contente pas des réunions et des plans. « Il faut être sur le terrain. » Quitte, reconnaît-il avec le sourire, à avoir parfois « l’impression d’être pénible ». Pas question pour autant d’opposer les usages. Lorsqu’il évoque les terrasses des cafés et restaurants, il insiste : « on n’est pas là pour les empêcher de travailler », mais pour préserver un cheminement suffisant pour tous.

Car c’est sa conviction. Ce qui facilite la ville aux personnes en situation de handicap profite beaucoup plus largement. « Il ne faut pas penser qu’aux personnes handicapées. Il y a aussi les personnes âgées et les mamans avec les poussettes. »

L’avenue Maillard reste pour lui le meilleur exemple de cette concertation. Potelets à tête blanche, bandes de guidage, pavés podotactiles, feux sonores, panneaux passage piéton LED… « C’est vraiment la chose la plus parfaite qu’on ait réussi. » Autant d’aménagements que la plupart des passants ne remarquent même pas. Et c’est peut-être justement le signe qu’ils fonctionnent.

Les échanges réguliers avec les services permettent déjà à AutonomiA de mieux cibler les difficultés rencontrées sur le terrain. Le groupe souhaite désormais aller plus loin, en étant associé en amont aux nouveaux projets de travaux. « Sur un plan, on oublie parfois les petits détails. Alors qu’en nous le montrant avant, on peut dire attention, là il manque une bande de guidage ! » Une remarque faite au bon moment, qui permet de rectifier avant même le début du chantier.

Pour Jean-Marie, c’est tout le sens de l’engagement. Observer, signaler, dialoguer, recommencer. « Je le fais avec cœur. J’ai pris un engagement, je m’y tiens. »

Cap sur le 7 octobre
Le Forum du handicap vous donne rendez-vous mercredi 7 octobre, de 10 h à 17 h, salle Georges-Brassens. Associations, services et acteurs du territoire seront présents. Entrée libre et gratuite. Places PMR et sanitaires à proximité. Plus de renseignements ici.

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