« La fuite est à 17 mètres 3 », annonce le technicien Paulin Leymarie, les yeux rivés sur son écran de contrôle. Grâce à deux appareils glissés dans deux regards de par et d’autre des 26 mètres au dessus de la conduite, l’appareil a pu déterminer à 6cm près l’emplacement de la fuite.


Troquant son casque de chantier contre un d’audio, le technicien va alors « faire de l’écoute au sol » en déplaçant une cloche au dessus du tracé de la conduite pour localiser exactement le point de fuite. « Le bruit de l’eau qui sort de la conduite est très spécifique. C’est là, exactement », pointe-t-il du doigt. Son collègue Fabrice Gary va aussitôt marqué l’endroit à la bombe.


« Dans la suite logique des choses, les techniciens chercheurs de fuite vont pointer la fuite et transmettre les coordonnées GPS à notre service PIV’EAU (le centre de pilotage de Suez, NDLR) qui va prendre la main pour planifier l’intervention rapide », déroule Mathieu Roulet, responsable exploitation réseau.
« Aujourd’hui, on intervient pas sur chaussée pour terrasser sans autorisation préalable de travaux. Une fois obtenue, en fonction du type de défaut que l’on trouve, soit c’est un petit morceau de conduite que l’on remplace soit on vient mettre « une coquille » qui va serrer et emprisonner la fuite. Et on peut remettre en eau le tronçon. »
Ici, passage René-Dumoitier, l’anomalie qui est apparue ce matin en point rouge sur l’écran de PIV’EAU, devrait être résolue d’ici demain soir. Le but est évidemment de remédier le plus rapidement possible à la perte d’eau pour éviter le gaspillage et préserver la précieuse ressource. « Sur une fuite urgente, mettant en péril les personnes ou l’approvisionnement en eau, nous devons intervenir en 24 heures maximum. Pour les autres, il faut compter dans les 72 heures. »
L’IA pour anticiper la fuite
À Brive, la détection de fuite repose en grande partie sur un maillage de capteurs acoustiques répartis sur tout le réseau. « Nous en avions déjà 180, nous en installons 60 supplémentaires pour passer à 240 capteurs. Plus le maillage est resserré, plus on va réduire la distance de recherche. »
Suez répare ainsi environ 350 fuites par an sur l’ensemble de l’Agglo dont 180 « invisibles » grâce aux capteurs ou aux détecteurs de débit. « Nous sommes sur une vigilance de tous les instants. Il n’y a pas de saison creuse. » Été comme hiver, les matériaux subissent les contraintes des températures qui peuvent être extrêmes.
« Les équipes sont structurées pour faire face à la recherche de fuite et à la réparation dans des délais plus que raisonnables », assure le responsable. « L’objectif est de réparer mais aussi d’anticiper avec des outils d’intelligence artificielle qui vont permettre de repérer des segments du réseau les plus susceptibles de fuir. C’est l’avenir. On agit depuis la source jusqu’au robinet. »
Car si Suez accompagne ainsi la collectivité sur son réseau, elle aide aussi les usagers à gérer leur consommation. « 95% des compteurs sont aujourd’hui connectés et l’application Tout sur mon eau leur permet d’être alerté en cas de fuite mais aussi de maîtriser leur consommation grâce au Mode éco qui leur propose un bilan personnalisé. »


