
« On le voit à la télé, mais en vrai, devant nous, il est très très grand », réagit Elena, à peine remise de son émotion. Ses copines Nubia, Ines et Lina, arborent toutes elles aussi un maillot qu’elles lui ont fait dédicaer. « On va les encadrer, c’est un beau souvenir », assurent-elles.

« C’est un peu bizarre de se dire qu’on va jouer désormais sur le terrain qu’il a foulé. Il aurait pu en trouver un en parquet ailleurs, mais c’est ici qu’il a choisi de venir, chez nous« , ajoute Nell avec un brin de fierté.
« Merci de m’avoir prêté votre salle », a salué humblement Victor Wembanyama, de quelques petites années plus âgé que ses fans (il a tout juste 21 ans). « Elle est super. Il y a beaucoup d’écho« , confirme-t’il aussitôt en tapant dans ses mains. Depuis une semaine, le joueur des San Antonio Spurs s’entrainait chaque jour dans le gymnase municipal. Le basketteur qui a de la famille dans les environs, était accompagné d’un staff technique, deux autres joueurs, son préparateur et sa kiné. Une remise en condition pour le joueur de NBA victime d’une thrombose veineuse à l’épaule droite.

« C’est lui qui a contacté le club par les réseaux sociaux, ça s’est fait naturellement. Au début, on n’y a pas cru, c’était tellement énorme« , explique la direction des sports qui a mis à disposition de la star le gymnase fermé en cette période estivale. Pour la partie physique, l’international français a eu aussi accès au centre de performance du CAB pendant les vacances du club. « C’est la seule porte qu’il passe sans se baisser. » Ses 2m22 passaient pour une fois largement sous les 3 mètres de l’entrée.
« J’ai mis mon pied à côté du sien, j’ai halluciné : je ne n’arrivais pas à la moitié, il fait du 56 ! Et quand il te sert la main, elle avance au delà de ton poignet », raconte Ylan à qui veut l’entendre.

La rencontre avec les jeunes du CAB Basket, n’a duré que quelques minutes, le temps imparti pour une photo de groupe. Mais « Wemby » s’est gentiment prêté à quelques autographes sur tous supports, maillots, baskets, cahiers et même un échiquier pour Ulysse, aussi fan de ce jeu que sa star.

« C’est chouette pour les gamins et pour le club », se réjouit la présidente Marie-Claire Saule. « On les a vu très impressionnés, tous silencieux à ses côtés. On a essayé de garder le secret de la rencontre jusqu’au bout, mais ce n’était pas évident. » D’autant moins évident que ce bonheur n’était offert qu’à une trentaine de jeunes sur les 310 licenciés que compte le club. « Le choix était compliqué, nous l’avons fait en fonction de l’investissement qu’ils ont eu dans le club soit sportivement dans leur équipe soit bénévolement en arbitrant ou coachant. C’était une sorte de récompense. »


Une belle récompense car pour beaucoup, il s’agit de leur joueur préféré. « J’adore quand il dunk (rentrer le ballon dans le panier en s’accrochant des mains à l’arceau, NDLR) », commente Alice, 8 ans, venue avec son maillot des Spurs. « Moi, c’est Doncic », contredit sa petite sœur Eléonore, 6 ans et demi, qui arbore justement un maillot des Lakers de Los Angeles.
« C’est un rêve. C’est le futur meilleur joueur français ici, à Brive, à Bouquet… c’était improbable« , s’étonne encore Yann, 17 ans qui part jouer la saison prochaine à Lyon ASVEL. « Là où joue aussi son frère. Peut-être que j’aurais la chance de l’y rencontrer à nouveau… »
« Wemby » n’est pas reparti les mains vides : « Ce sont des madeleines Golfier, les meilleures du monde« , lui a offert un des jeunes. De quoi parachever sa préparation, assurément.


