À Brive, les présélections des Olympiades des Métiers Nouvelle-Aquitaine réunissent de jeunes candidats venus se mesurer lors d’épreuves techniques de haut niveau. Une compétition qui valorise les savoir-faire industriels et met en lumière les talents en formation.
Une journée placée sous le signe de l’excellence
À la Maison de l’Industrie de Corrèze, l’ambiance est fébrile. Face aux machines, les gestes sont précis, les regards concentrés. En fraisage comme en maintenance industrielle, chaque opération demande rigueur et méthode.
Ils sont 15 jeunes en lice, dont 6 en fraisage et 9 en maintenance industrielle, engagés dans ces présélections régionales. Encadrés par des jurys composés de professionnels et de formateurs, ils évoluent dans des conditions proches du réel. Ils viennent de Brive, de l’agglo, de Corrèze, mais aussi de Périgueux, ou du Limousin…

Deux disciplines, un même niveau d’exigence
En fraisage, l’épreuve est concrète : à partir d’un bloc d’aluminium et d’un plan, les candidats doivent produire une pièce conforme dans ses moindres détails.

« On leur donne une matière brute et un plan. Ils doivent régler la machine, usiner la pièce et la contrôler », explique Alexandre Dubois, référent BTS production industrielle et membre du jury. « L’objectif, c’est déjà de voir s’ils maîtrisent les bases : réaliser une pièce complète et exploitable. »
Dans ce métier de précision, les tolérances sont infimes : parfois de l’ordre de deux centièmes de millimètre. Une exigence qui impose une parfaite maîtrise des réglages et des outils.


Une fois la pièce réalisée, place à la métrologie (l’ensemble des techniques permettant d’effectuer des mesures, de les interpréter et de garantir leur exactitude) : « On passe dans une salle à température régulée à 21 degrés, selon les normes ISO, pour vérifier chaque dimension », précise-t-il.

En maintenance industrielle, les candidats doivent diagnostiquer et réparer des systèmes complexes. « C’est un peu les docteurs de l’industrie », résume Quentin Peseyre, champion de France en maintenance industrielle. « On identifie les pannes, on pose un diagnostic et on intervient, ou on oriente vers d’autres spécialistes. »
Une compétition au plus proche du réel
Au-delà de la technique, ces épreuves évaluent la capacité à travailler dans des conditions proches du terrain : gestion du temps, pression, précision.
« C’est un peu comme un Top Chef des métiers », souligne Laurent Maumelat, Responsable Promotion des Métiers chez Maison de l’Industrie / Référent régional Industrie UIMM Worldskills pour la région Nouvelle Aquitaine. « Les jeunes doivent gérer la pression, les contraintes et produire un résultat conforme. »




Une préparation de haut niveau
Derrière la compétition, un véritable parcours d’entraînement se met en place.

« La Région constitue des équipes métiers. Les jeunes participent à des stages avec de la préparation technique, mais aussi mentale et physique, comme des sportifs de haut niveau », explique Laurent Maumelat.
Un engagement sur la durée : « Pour les meilleurs, c’est un cycle de trois ans », précise Jérémy Maligne-Meynard, chef de projet à la Région Nouvelle-Aquitaine.
Une immersion pour susciter des vocations
Au-delà de la compétition, l’enjeu est aussi économique. « On cible des métiers en tension, dont les entreprises ont besoin », rappelle Laurent Maumelat. « C’est essentiel de montrer ces métiers, parfois méconnus, et qui comprennent pourtant des secteurs de pointe comme la robotique ou l’aéronautique. »

L’événement accueille aussi cet après-midi des collégiens venus observer les épreuves et échanger avec les candidats et les équipes pédagogiques. Au plus près des machines et des gestes professionnels, ils vont découvrir concrètement le fonctionnement des métiers industriels, loin des idées reçues. Une immersion directe qui permet de mieux comprendre les parcours de formation et la diversité des débouchés, et qui peut susciter de premières vocations.
Cap sur Bordeaux… et au-delà
À l’issue de ces épreuves, organisées dans le cadre des Olympiades des Métiers (49e édition), les meilleurs candidats seront sélectionnés pour la finale régionale, qui se tiendra au Parc des Expositions de Bordeaux du 15 au 17 octobre 2026.
Un événement d’envergure : 1 000 jeunes et 75 métiers en compétition sur une centaine représentés, 20 000 scolaires accueillis (et transportés) et plus de 50 000 visiteurs attendus.
Une particularité : la Nouvelle-Aquitaine est la seule région à regrouper l’ensemble des épreuves sur un site unique ouvert au grand public.

Un parcours d’excellence jusqu’au niveau mondial
Parmi les parcours inspirants, celui de Quentin Peseyre, originaire de l’agglomération de Brive (La Rivière-de-Mansac), et déjà Champion de France 2025 en Maintenance industrielle. Après un bac professionnel au lycée Cabanis, puis un BTS en alternance à Périgueux, il poursuit aujourd’hui en bachelor maintenance avancée tout en préparant les WorldSkills 2026, qui se tiendront en septembre à Shanghai.

Un parcours exigeant, nourri par une motivation personnelle forte : « Je voulais prouver que ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on n’a pas les compétences », confie-t-il.
En parallèle des Olympiades, les Abilympics, dédiés aux personnes en situation de handicap, se tiendront à Brive en juin 2026, à l’établissement Simone Veil. Même ambition : révéler les compétences, valoriser les parcours et ouvrir le champ des possibles.
● Xavier Harismendy
Pour aller plus loin :
https://www.olympiadesmetiers.fr/
https://www.formations-industrieslimousin.fr/
https://www.worldskills-france.org/palmares/champions-maintenance-industrielle/