Le Festival du cinéma de Brive crève l’écran

Il déroulera son tapis rouge du 20 au 25 avril. 26 moyens métrages en compétition, un record, 25 autres en thématiques, des films rares, en tous genres, des moments festifs... Bande annonce de cette 23e édition très attendue.
Marie-Christine Malsoute

On vous donne un conseil, c’est de réserver d’ores et déjà vos pass 5 jours sur helloasso (c’est une des nouveautés de l’édition) car la programmation, présentée hier matin dans le fief du Rex, se révèle des plus alléchantes.

Pour preuve, ce ne sont pas 22, le quota maximal jusqu’ici, mais cette année 26 moyens métrages en compétition internationale. « Un très bon signe » pour le délégué général Giulio Casadei qui précise que « 18 films sont des inédits dont 9 seront projetés en avant-première mondiale ». Quatorze pays seront représentés dans cette sélection et parmi eux trois nouveaux, la Chine, L’Islande et l’Azerbaïdjan.

« En et hors compétition, nous en avons visionné 670. C’est le reflet d’une année particulièrement généreuse. » La preuve aussi que le festival a bien tissé sa toile et s’est construit une solide notoriété dans la profession. Au point que certains reviennent s’y frotter. Il y a des signes qui ne trompent pas : la compétition briviste n’est pas seulement révélateur de talents, elle attire cette année « des figures majeures du cinéma contemporain« .

Des grands noms en compétition

Il y a ceux qui concourent avec un tout premier film et d’autres dont le nom brille déjà et qui n’ont plus rien à prouver. Comme le grand cinéaste islandais Hlynur Palmason, un habitué du Festival de Cannes qui avait marqué en 2022 la sélection Un certain regard avec son deuxième long métrage Godland. Il présentera en compétition à Brive son moyen métrage Joan of Arc parlant de l’enfance. Faut-il encore présenter Mohammad Rasoulof ? Le réalisateur iranien à qui l’on doit notamment Les Graines du figuier sauvage, nommé aux César et aux Oscar, signe son premier moyen métrage Sense of Water sur la thématique de l’exil.

Heureux qui comme le festival briviste surfe sur un format épris de liberté. L’un des mérites de la manifestation aura en effet été de donner des lettres de noblesse à tous ces « courts longs », entre 30 et 59 minutes, dont le format jugé un peu bâtard privilégie pourtant le propos, bref la vision du réalisateur, et non des exigences de diffusion.

De fait, la sélection balaie une grande diversité créative de genres et de traitements. Documentaire, fiction, fantastique, polar, comédie musicale, animation… Certains films jonglent même avec les genres, faisant fi des frontières. Le délégué général note trois aspects récurrents : « des films avec des regards d’enfants », « un esprit comédie musicale avec plusieurs scènes chantées » et « la force du collectif » où le « nous » prend le pas sur le « je ».

Un cinéma reflet de son temps qui devrait ravir le grand jury (il y en a 7 en tout) présidé cette année par le critique et historien du cinéma Charles Tesson au regard affûté. Fera également parti de ce jury l’acteur et réalisateur Nicolas Maury, révélé par la série Dix pour Cent, un « régional » de l’édition puisqu’il est de Saint-Yrieix-la-Perche.

« Des films rares »

Hors compétition, la programmation va également embarquer le public vers des horizons divers. Et vous allez voyager sans bouger du fauteuil rouge. La thématique « À l’aventure » propose justement une rétrospective consacrée aux formes de cinéma d’aventure issu des pays du Sud et de l’Est, avec des formes d’exploration populaire allant du film de sabre au western, de la science-fiction à l’horreur folklorique.

Parmi les 12 films de cette thématique, deux trésors : The Passerine Bird des Vietnamiens Van Thong Nguyen et Tran Vu, un monument national qui n’avait pas été présenté en France depuis 30 ans et Migrations of Sparrows du Géorgien Temur Babluani, qui sera présenté pour la première fois en version numérique à Brive.

Dans les séances spéciales, notez la rétrospective Claude Chabrol qui entre dans sa saison 6 axée sur l’étrangeté du quotidien, la projection du film La République qui vient d’être restauré, une thématique « Fantômes » sans verser dans l’horreur… Il y aura aussi des séances scolaires, des plus petits au plus grands, dont plusieurs, c’est nouveau aussi, ouvertes au public.

Incontournables aussi les séances événements, d’autant qu’elles sont gratuites, où s’exprimera toute la festivité de la manifestation : la cérémonie d’ouverture, le ciné-concert dansé, une soirée Face B avec des vidéoclips et la cérémonie de remise des prix au nombre de 13.

Et même un long

Enfin, grande nouveauté de l’édition, la programmation d’un long métrage, si si, mais c’est pour mieux servir le discours du moyen et surtout illustrer la portée du festival briviste comme révélateur de talent en suivant la carrière d’un réalisateur. C’est Nicolas Pariser (Grand Prix France à Brive en 2010 pour La République) qui revient pour ouvrir le ban avec son second long, Alice et le maire qui a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes.

Pour rendre l’événement accessible au plus grand nombre, le Festival applique une politique tarifaire abordable. C’est 4 euros la séance, 10 euros le pass journée (6 en réduit) et 20 euros le pass 5 jours (15 en réduit). Qui plus est avec la gratuité pour les grands rendez-vous festifs de l’édition.

La programmation complète est en ligne sur le site du festival festivalcinemabrive.fr.

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