Article réalisé par Narjis Nouri
La Ville et ses partenaires dans cette lutte ont tenu hier une conférence de presse présentant la deuxième phase qui va être menée dès le mois de mai.
« On double la mise dans la limitation de ce nuisible ! », encourage Frédéric Soulier. La méthode consiste aux beaux jours, à lâcher chaque semaine 400.000 moustiques tigres mâles stériles sur des points stratégiques de de la ville : c’est la Technique de l’insecte stérile (TIS). Et lorsque ces mâles s’accouplent avec des femelles sauvages, ils empêchent la production d’œuf viables. Ainsi, la reproduction est freinée et la population de moustique tigre baisse graduellement.

Après une première année de test, « les résultats sont bons », confirme l’entreprise montpelliéraine Terratis qui propose cette innovation. « La TIS a fonctionné à Brive, toute première ville en métropole à adopter la méthode. On a atteint jusqu’à 50% de taux de stérilité dans les œufs. C’est une technique qui demande du temps, mais qui est efficace », explique Dorian Barrère, co-fondateur.
Ces mâles ne piquent pas et ne représentent aucune menace pour les habitants. « C’est un process scientifique fiable pour limiter les nuisances. Il faut montrer à la population que la Ville a pris en compte ce problème », insiste le maire qui rappelle que la Ville traite tous les mois ses 10.000 avaloirs sur la voie publique.
Une expérimentation qui suscite déjà l’intérêt ailleurs. « Nous avons reçu beaucoup de retours d’autres villes qui regardent ce qui est fait à Brive. Certaines ont attendu les résultats et sont maintenant intéressées par la technique », sourit Dorian Barrère.
Le dispositif va donc monter en puissance. En 2026, le cap visé est de 90% de taux de stérilité. Les lâchers seront plus importants : 450 000 mâles lâchés par semaine soit au total 12 millions au lieu de 11. Les points de lâchers augmentent aussi, de 58 à 68, et la surface traitée passe de 110 à 140 hectares.

« La TIS est efficace car elle agit dans des points de lâchers publics qui s’étendent jusque dans des zones privées », détaille le co-fondateur de Terratis. Un point important, car le moustique tigre vit dans un rayon de 150m. Celui qui vous pique est donc né près de chez vous.
De quoi rappeler que la lutte se joue aussi chez soi. « Avec cette méthode doit venir la prévention. La Brigade du tigre continue d’aller chez l’habitant pour expliquer ce qu’il faut faire », explique l’adjointe au maire Marie Findeling. Le geste simple à adopter ? Vider la moindre petite quantité d’eau stagnante (un bouchon suffit pour favoriser la ponte) après chaque averse pour empêcher l’éclosion.
Le message, au fond, est collectif. « C’est un vrai sujet sanitaire. C’est par la collectivité et les efforts de chacun qu’on peut mieux limiter cette prolifération », insiste le maire.
Une phase de plus pour une ville devenue référence en la matière.