Danse avec les CP, et plus encore

160 enfants venus de six écoles de la cité éducative ont mêlé ce matin leur pas sur un projet bousculant les stéréotypes pour ouvrir le champ des possibles.
Fatima Kaabouch

« Papa, il a dit que la danse, c’est pour les filles », avance timidement un élève devant un épais parterre de parents. « La danse, c’est pour tout le monde », rétorque avec assurance une autre. Stéréotypes de genres. Le thème qui a imprégné le travail des écoliers pendant plusieurs mois, trace maintenant son chemin dans les rangs des parents. Méfions nous des phrases anodines pourtant si lourdes de sous-entendu.

En amont du spectacle, les CM2 ont illustré à leur manière le sujet grâce à un travail sur le mouvement mené avec la photographe Mathilde Fraysse.

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Pendant une demi-heure, les CP des six écoles de la cité éducative, Jules Vallés, Marie Curie, Bouquet, Lucie Aubrac, Jules Romains et Thérèse Simonet, vont ensuite se croiser et alterner les tableaux sur une scène symbolique au gymnase du collège Jean Moulin. D’abord avec une gestuelle cadencée sur le sport, puis des mouvements libérant l’expression des corps pour les faire éclore en une joyeuse farandole finale.

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« Les enfants ont créé les gestes, les ont mémorisé, appris à les reproduire en rythme avec leurs camarades », précise aux parents David Somdecoste, directeur de Jules Romains qui suit ce projet porté par la Cité éducative et fédérant de nombreux partenaires. Les enfants ont été accompagnés dans cette démarche par Marie Arsandaux de la compagnie Koubi. Cela représente 13 heures de travail, à raison d’une heure par semaine. » Un long chemin. Tout un projet pédagogique pour gérer ses émotions, maîtriser son corps, travailler en groupe, se coordonner et danser ensemble. Ils n’ont eu qu’une seule répétition générale, lundi, tous ensemble.

Fatima Kaabouch

En décembre dernier, les danseurs de la compagnie étaient venus présenter aux enfants un extrait de Boys don’t cry (consultez notre article Les CP entrent en danse avec la compagnie Koubi). La pièce qui a tourné en France, en Italie et aux États-Unis, interroge ce que représente danser lorsqu’on est un garçon, qui plus est venant d’Afrique du Nord. Loin de subodorer la question sous-jacente du déterminisme social, les enfants avaient adoré la virtuosité des danseurs.

Aujourd’hui, point d’époustouflantes voltiges hip hop, pas plus que des danseurs de la compagnie. Toute la place était aux enfants qui se sont appropriés le sujet, se laissant porter par le plaisir de l’expression. Avec ce supplément de bonheur de pouvoir l’offrir, entraînant même à la fin leurs maîtres et maîtresses dans la danse. Une grande expérience.

Fatima Kaabouch
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