Un vivant jumelage

Grâce à l'association cheville ouvrière de la mairie, deux Sikassoises enrichissent leurs expériences professionnelles, l'une au centre hospitalier, l'autre au musée Labenche.
Fatima Kaabouch

La situation insécuritaire n’a jamais remis en cause les liens fraternels unissant la cité gaillarde et sa sœur malienne. Le jumelage s’appuie sur 44 ans d’une indéfectible amitié qui a perduré au-delà des maires et des bureaux de l’association Brive Sikasso qui gère cette coopération pour le compte de la Ville.

Preuve cette année encore avec le séjour de ces deux stagiaires qui ont été reçues ce matin avec une partie du bureau de l’association, par le maire Frédéric Soulier et la conseillère déléguée Audrey Chaumeil en charge des relations internationales. « Stagiaires », le mot reflète mal la réalité puisque l’une comme l’autre ont déjà une solide expérience dans leur profession.

Le docteur Maïmouna Kanté, 44 ans, est en effet cheffe du service laboratoire et de la banque de sang à l’hôpital de Sikasso. Safi Sanogo, 28 ans, est chargée de la communication et de médiation au centre culturel sénoufo de Sikasso géré par l’association Wu niré (Nos racines). Il serait donc plus approprié de parler d’échanges de pratiques et de connaissances.

Une coopération qui perdure puisque le docteur est ainsi la 17e praticienne accueillie au sein de l’hôpital grâce à une convention entre les deux établissements. Évidemment, comme l’a remarqué le président de l’association, Michel Blancher, « tout n’est pas transposable » d’un continent à l’autre. Une seule comparaison émise par la praticienne résume d’ailleurs la situation : « Le budget du service pharmacie à Brive est bien plus important que celui de tout l’hôpital de Sikasso et même du service pharmacie à la population du Mali. »

Il n’empêche, la médecin a pleinement mis à profit cette immersion dans deux services hospitaliers, le laboratoire et la pharmacie : « Même s’il est impossible de nous doter des mêmes équipements, c’est une chance. Cela me permet de renforcer ma connaissance en matière de biologie médicale, d’interprétation et de santé transfusionnelle. »

Safi Sanogo est elle aussi ravie du séjour au sein du musée Labenche : « J’ai découvert les pratiques muséales françaises et ça m’a donné beaucoup d’idées pour adapter une médiation en fonction des publics. Nous n’avons pas trop la culture de la lecture et j’ai pu également intervenir avec la médiathèque dans l’opération À l’air livre. » Autant d’expériences qui lui ouvrent des pistes pour le centre ethnographique et de recherches qui achève sa rénovation, grâce aussi à la Ville et l’association du jumelage. De son côté, le musée Labenche a profité de son expertise pour authentifier les objets sénoufo en sa possession.

« Brive va me manquer. Je me suis habituée à son calme qui repose de l’agitation africaine », avoue-t-elle. « C’est la première fois que nous venons dans un pays développé », précise sa compatriote qui comme elle a été très sensible à l’accueil sympathique du personnel comme de la population. Toutes deux ont offert au maire en remerciement une boîte artisanale touareg, fortuitement de forme ovale.

Marie-Christine Malsoute
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