La fourragère après un mois d’efforts

48 jeunes du service national ont reçu la fourragère du 126e régiment d’infanterie. Une étape symbolique qui marque pour eux la fin de leur formation initiale et le début d’une nouvelle aventure.
Lili, Dany, Even et Enzo

Hier matin, ils étaient 12 filles et 36 garçons, béret sur la tête, alignés devant leurs familles à l’esplanade Simone-Veil. Une première à Brive dans le cadre du nouveau service national. Près de trente ans après la fin du service militaire obligatoire, le 126e régiment d’infanterie accueille à nouveau un contingent effectuant son service.

Pour ces jeunes recrues, la remise de la fourragère vient consacrer l’aboutissement de quatre semaines de formation initiale. Une première étape seulement. Leur service doit durer en tout dix mois, au cours desquels ils vont désormais poursuivre leur apprentissage.

Mais avant d’arborer cet insigne spécial, il a fallu apprendre les codes de l’institution. Et aussi surmonter une formalité, en apparence. Celle du vivre-ensemble. À 50 dans un même couloir, avec la fatigue qui s’accumule, la vie en collectivité fait elle aussi partie de l’apprentissage.

© Marie-Christine Malsoute

C’est justement cette capacité d’adaptation que Dany, 20 ans, a voulu éprouver. « Voir ce qu’était vraiment l’armée et comment on allait s’y adapter ». Chez lui, la démarche procédait d’abord d’une volonté d’immersion dans le monde militaire.

Pour Lili, 21 ans, l’initiative répondait à un projet précis. Après avoir validé un bac +3, elle souhaitait prendre une année de césure et pensait depuis longtemps à rejoindre la réserve de la Police nationale. Le service national lui a offert l’occasion d’amorcer ce parcours. « Pas d’entretien, mais pas mal de papiers à remplir. J’ai réussi à tout faire toute seule, preuve que ce n’était pas si compliqué. Et pourtant, l’administratif, ce n’est pas mon fort ! » Après ce premier mois, elle ne regrette pas son choix. « Si on cherche du sens à sa vie, à sa place, c’est quelque chose qui ne peut apporter que du positif. »

Chez Even, 19 ans, l’engagement est une tradition familiale. Avant même d’arriver au 126e, il envisageait l’armée. Il veut désormais « Rendre service et aider », en évoquant les patrouilles de l’opération Sentinelle déployées dans les gares ou les points névralgiques du territoire. « Ça rassure, c’est un signe de sécurité. Tant qu’on a besoin de moi, j’irai. »

© Lieutenant Antonin BOUHIER

Tous ne se projettent pas avec l’évidence d’une vocation immédiate. Enzo, 23 ans, retient surtout de ces quatre semaines le chemin parcouru. La remise de la fourragère marque à ses yeux une première étape de franchie. « Ça valide le fait qu’on soit vraiment militaire maintenant, glisse-t-il. On est passé d’aspirant à militaire ».

Cette cérémonie intervenait au terme d’une semaine particulièrement dense pour le 126e RI, engagé dans l’exercice en terrain libre ÉGLETONS 44. Tranchées, déplacements, combat en zone urbaine jusqu’au cœur de Brive… Les jeunes du service national ont ainsi vécu leur première grande immersion dans le quotidien opérationnel du régiment.

Un mois après leur arrivée, tous arboraient le même insigne à l’épaule. Devant eux, il reste encore neuf mois de service.

Partager la page

À LIRE

également
Le Bus du Cœur des Femmes a quitté la place du 14 Juillet, mais la prévention, elle, ne prend pas...
Pas facile de frapper la balle, mais il adore. Comme la douzaine de ses camarades du centre socioculturel de Rivet...
Le matin, on essaie. L’après-midi, on débat. Pour sa deuxième édition, le forum « Séniors & Technologies » a fait...