Du beurre dans les épinards

Ils sont une dizaine à passer leurs vacances aux fourneaux du centre socioculturel de Rivet, avec le chef Thierry Nadiras. Ils apprennent à cuisiner, préparent des repas solidaires et gagnent 75 euros pour leur semaine de travail.
© Fatima Kaabouch

Il y a des petits boulots qui ont du bon. Apprendre à cuisiner avec Thierry Nadiras et être payé pour ça, en voilà une chance ! Dans la cuisine du centre socioculturel de Rivet, une dizaine d’adolescents de 13 à 15 ans s’affairent autour du chef. Les pommes de terre s’épluchent et les préparations avancent au rythme des consignes. Au menu ce mercredi, un burger de bœuf confit revisité aux pommes de terre, petits condiments et cantal, le tout servi dans une brioche. Mais aussi un blini de saumon fumé, crevettes et fromage frais aux herbes. De quoi mettre l’eau à la bouche !

© Fatima Kaabouch

Zahid, 14 ans, élève de troisième, a déjà ses préférences. La veille, il a particulièrement aimé préparer des rouleaux de saumon cru au concombre. Il a aussi appris quelques astuces pour éplucher les légumes plus rapidement. Des gestes qu’il pourra reproduire à la maison. Quant aux 75 euros qu’il gagnera au terme de la semaine, il a déjà son idée. « Je vais économiser. »

© Fatima Kaabouch

Mais ici, les jeunes cuisinent surtout pour les autres. Chaque jour, ils préparent une vingtaine de repas destinés à des structures solidaires. Après Jacques-Cartier hier, les plats de ce mercredi sont destinés à l’épicerie solidaire. Ceux de jeudi prendront la direction des Chapélies.

© Fatima Kaabouch

Thierry Nadiras ne cherche pas à former de futurs cuisiniers en une semaine. il veut surtout leur apprendre l’organisation, la discipline et aussi la ponctualité. « Ils sont à l’heure », constate le chef, qui avait déjà participé à l’opération l’an dernier.

Et lui-même ne ménage pas ses efforts. Pour concilier cette semaine avec son activité de traiteur, Thierry Nadiras se lève à 2 heures du matin afin d’être disponible auprès des adolescents. Un rythme soutenu qu’il accepte volontiers. « Ça me plaît »

Burger boeuf braise

Pour François Fuguet, directeur de l’association Carré Solidaire, l’intérêt de l’opération dépasse largement les fourneaux. Il s’agit de « découvrir le monde du travail, s’impliquer aussi pour les autres » et de valoriser cet engagement grâce au dispositif Argent de poche, soit 15 euros par jour.

Autre intérêt, les participants viennent des trois quartiers prioritaires de la ville. Filles et garçons, parfois sans se connaître au départ, apprennent à travailler ensemble. L’opération est coorganisée par la Mission locale, les trois centres socioculturels et Carré solidaire, avec un financement de la CAF et du contrat de ville.

Blini saumon crevettes

Et les jeunes ne se contentent pas de préparer les repas. Deux adolescentes ont ainsi spontanément aidé le chef lors d’une livraison la veille. Une initiative que Thierry Nadiras a particulièrement appréciée.

Vendredi, changement de programme. Après avoir cuisiné pour les autres toute la semaine, les apprentis passeront enfin à table. Le chef leur prépare un repas de gala, auquel ils auront eux-mêmes participé. Un tiramisu au kinder bueno est notamment envisagé pour le dessert.

Quant à nous, on aurait bien aimé goûter ce fameux burger. Ou au moins, repartir avec la recette !

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