Ces artisans brivistes uniques (1/6)

Une série à suivre tous les vendredis. On commence avec Dominique Redon, vannier.  
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Ils sont cinq en cœur de ville, ou à très grande proximité du centre, à avoir une activité artisanale unique, spécifique dans tout Brive et même au-delà. Ils sont vannier, modiste, coutelier, tisserand, savonnier et sellier. Nous les avons rencontrés. Ils nous ont parlé de leur métier, de leur savoir-faire, de cette passion qui les anime mais aussi de leurs inquiétudes.

Les métiers manuels ont été, pendant des décennies, dévalorisés. Or, il y a de belles opportunités en termes d’emplois mais aussi, et c’est aussi important, en termes d’épanouissement personnel. Ces cinq artisans brivistes exercent seuls ou au sein de toutes petites structures et ont un savoir-faire unique.

Notre série commence avec Dominique Redon, vannier, rue du lieutenant-colonel-Farro.

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Il est tôt en ce matin de la fin du mois de juillet mais Dominique Redon, 56 ans, est déjà à la tâche. Au fond de la petite boutique, dans laquelle plus un espace n’est libre, il est en train de refaire totalement l’assise en rotin d’un tabouret en bois. « J’en ai pour trois jours ! », lance-t-il. Ce qui avec nos yeux d’ignorants nous semble finalement très peu. « Les tiges de rotin sont assez fines donc c’est délicat », explique Dominique.

Installé rue Farro depuis la fin des années 1990

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Dominique Redon, ou Bill comme tout le monde l’appelle dans le quartier, est vannier depuis plus de 40 ans. Il a commencé à travailler avec son père qui était lui-même vannier. Il est la quatrième génération à exercer ce métier. Son père d’origine espagnole s’est d’abord installé à Donzenac avant de rejoindre Brive, rue des Échevins puis avenue Thiers. Quand Dominique reprend l’atelier, il souhaite s’établir en cœur de ville « pour avoir plus de visibilité ». Il est rue Farro depuis la fin des années 1990. « A l’époque de mes parents, nous travaillions essentiellement avec une clientèle limousine, désormais je travaille avec la France entière. C’est le principal changement. Il a fallu s’adapter. J’ai des clients qui viennent d’un peu partout. » Le savoir-faire est rare, donc recherché.

« On a disqualifié ces métiers. Mais aujourd’hui, on se rend compte de leur utilité ! »

Sinon, les gestes acquis il y a plusieurs décennies restent les mêmes. Les outils sont à quelque chose près également semblables. La passion reste intacte aussi. « Je travaille le rotin, l’osier, la paille principalement. Je répare et je fais des créations, dit-il, tout en pointant du doigt un futur tabouret en fer forgé qu’il commencera bientôt à garnir d’osier.

Dominique a commencé à apprendre les rudiments (et un peu plus) du métier avec son père mais « comme il n’était pas très patient et qu’à l’époque ça ne rigolait pas trop, il m’a envoyé à 14 ans à Fayl-Billot, en Haute-Marne, faire l’école nationale d’osiériculture et de vannerie. » Dominique complète ainsi son savoir-faire. Épanoui dans son travail, Dominique ne se plaint absolument pas, bien au contraire. Le métier est dur physiquement, la répétition de tâches usantes, mais Dominique veille à changer régulièrement de support de travail. Il passe ainsi d’un tabouret, à une chaise ou à un fauteuil… La variété des interventions et le contact avec la clientèle l’animent.

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A 56 ans, la retraite approche mais il reste encore à Dominique de belles années devant lui. Papa de trois enfants, aucun d’entre eux, pour le moment, ne se destine à poursuivre le savoir-faire familial mais Dominique ne désespère pas. « On ne sait jamais… » La vie professionnelle est, il est vrai, changeante désormais. Qui peut aujourd’hui dire qu’il restera plus de 30 ans à faire le même métier ? Si ses enfants ne reprennent pas la boutique Dominique fera appel au réseau de la profession et ne semble pas inquiet.

Cela n’a cependant pas toujours été le cas. On assiste depuis quelques années à un retour vers ces professions artisanales de niche. « Ce que nous faisons est concret et puis nous avons une relation directe avec la clientèle, assure Dominique. C’est mieux que l’usine ! » Et même mieux que d’autres professions dites qualifiées mais qui ont perdu tout sens. « On envoyait vers les métiers manuels ceux qui n’étaient pas bon à l’école. On a disqualifié ces métiers. Mais aujourd’hui, on se rend compte de leur utilité ! »

Le Vannier

37 rue lieutenant-colonel Farro

06.72.77.17.31

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