Ces métiers uniques à Brive (2/6)

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Ils sont cinq en cœur de ville, ou à très grande proximité du centre, à avoir une activité artisanale ou métier unique, spécifique dans tout Brive et même au-delà. Ils sont vannier, modiste, coutelier/rémouleur, tisserand, savonnier et sellier. Nous les avons rencontrés. Ils nous ont parlé de leur métier, de leur savoir-faire, de cette passion qui les anime mais aussi de leurs inquiétudes.

Les métiers manuels ont été, pendant des décennies, dévalorisés. Or, il y a de belles opportunités en termes d’emplois mais aussi, et c’est aussi important, en termes d’épanouissement personnel. Ces cinq artisans brivistes exercent seuls ou au sein de toutes petites structures et ont un savoir-faire unique.

Notre série se poursuit avec Sophie Lascoux et Julian Bertin, couteliers/rémouleur, rue du lieutenant-colonel-Farro. Attention, ça coupe !

Un léger bruit de machines et de métal s’élève depuis la rue du lieutenant-colonel Galinat, petite artère perpendiculaire à la rue du lieutenant-colonel Farro.

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Julian Bertin, 31 ans, s’applique, penché sur une énorme machine à poncer. Le jeune homme travaille depuis 4 ans pour la coutellerie Nicolas, dont l’entrée se situe à quelques mètres, rue lieutenant-colonel Farro. Julian est à Brive l’unique rémouleur (sédentaire en tout cas) !

Ce vieux métier apparu au moyen-âge consiste à aiguiser les lames des instruments tranchants, à les affûter et à les entretenir. « Depuis toujours, je suis passionné par les couteaux, les lames et les épées. Petit je rêvais d’être chevalier ! Mais faute d’opportunité, j’avais un peu abandonné l’idée de travailler dans ce domaine même si j’ai une formation de métallier-serrurier qui me permettait d’avoir plus de débouchés. La vie a fait que je suis venu habiter dans un appartement au-dessus de la coutellerie Nicolas. Souvent, je descendais discuter avec ceux qui sont devenus ensuite mes patrons. Et un jour, ils m’ont proposé de travailler avec eux. J’ai suivis une formation à Thiers, sinon j’ai beaucoup appris en pratiquant ! » Un rêve de gosse devenu réalité.

Julian répare, affûte les couteaux mais aussi tous objets coupants en métal. Du couteau de cuisine aux lames de tondeuse à gazon ou de trancheuse à jambon. même les épées ! « J’ai en effet travaillé sur une épée qu’il fallait alléger et rééquilibrer ! »

Bouchers, particuliers, coiffeurs et toiletteurs sont ses principaux clients. Il participe aussi à la fabrication du « Brivois », couteau qui a été pensé dans cette coutellerie de Brive qui existe depuis 1840. 

Julian est fier de ce qu’il fait et aussi de faire perdurer un savoir-faire multiséculaire. « Je travaille en vitrine, à la vue de tout le monde. Cela interpelle beaucoup les gens et notamment les enfants. Ils s’arrêtent, ils entrent, ils regardent, on discute… je partage ainsi ma passion. C’est une vraie satisfaction. Un grand bonheur. » De quoi créer des vocations ?

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Bien que le métier se soit raréfié voire ait presque disparu, il y a un petit regain d’intérêt de la part des professionnels et surtout des particuliers qui y trouvent un intérêt économique. En effet, l’entretien, l’affûtage permet d’éviter des achats inutiles.

De son côté, Sophie Lescoux, qui a effectué la même formation que Julian, est la responsable du commerce depuis 2016 et la patronne de Julian. Si on trouve dans ce magasin toutes sortes de couteaux de table, de cuisine ou de poche et les grands classiques, type Laguiole ou Thiers ou encore couteau suisse, depuis quelques années, Sophie propose un plus large choix de couteaux d’artisans. C’est-à-dire des produits entièrement fabriqués main, de la lame au manche. Il y a une véritable ébullition autour de ces instruments coupants qui sont pour certains de véritables œuvres d’art. Sophie confirme. « Il y a un vrai marché avec des collectionneurs très actifs qui font monter les enchères ». On peut trouver des couteaux d’artisan à des prix raisonnables, mais les prix peuvent grimper très haut (il y a dans la vitrine de la coutellerie Nicolas des pièces qui dépassent les 500 euros) !  Il y a, là aussi, un retour vers une certaine authenticité. « Les couteaux artisanaux sont uniques, les gens ont envie de posséder une pièce exceptionnelle… » Il n’est pas rare que Sophie reçoivent des personnes qui viennent de loin pour consulter exclusivement les couteaux d’artisans qu’elles proposent dans son magasin.

L’engouement est véritable, les salons dédiés aux couteaux se multiplient. La filière, qui a beaucoup souffert à une époque, retrouve un certain attrait et de nouvelles perspectives, mais il s’agit d’un marché de niche et la concurrence est rude et le métier, pas facile. Pour faire son propre couteau, il faut maîtriser plusieurs techniques et travailler sur divers matériaux. Beaucoup de couteliers artisanaux ont appris leur savoir-faire sur le tas mais il existe de nombreuses formations.

Enfin, « comme beaucoup de coutelleries nous proposons notre propre couteau, Le BrivoiS. Un couteau à l’allure épurée, simple et efficace, décliné en couteau de poche et de table. Un cadeau souvenir utile, local et un à prix raisonnable !

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Coutellerie Nicolas

24 rue lieutenant-colonel Farro

06.07.98.36.14

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