La Corrèze, terre de chapeaux ? Julie Bonfanti est modiste à Brive, métier rare, probablement la seule à des kilomètres à la ronde si ce n’est la magnifique entreprise Chéri Bibi, qui emploie des modistes, installée en Haute-Corrèze, et qui conçoit des chapeaux en moyenne série pour « les plus grands acteurs du luxe ».
Dans le cadre de notre série sur les métiers et/ou artisans uniques brivistes, nous avons rencontré la modiste dans son atelier boutique.

Julie Bonfanti, 41 ans, est modiste c’est-à-dire qu’elle conçoit des chapeaux. Originaire de Tulle, elle vit à Naves et a installé son atelier-boutique, Chapeline et Créations, à Brive en 2011, d’abord boulevard Anatole-France. Depuis 2020, elle se trouve au 12 bis avenue Alsace-Lorraine.
« J’ai toujours aimé les chapeaux, peut-être parce que ma mère en portait beaucoup et qu’il y avait beaucoup de femmes en chapeau sur des tableaux à la maison, raconte Julie Bonfanti. A 11 ans, je suis allée moi-même choisir un chapeau dans la chapellerie de Tulle (que Julie reprendra des années plus tard) et au collège je portais souvent un chapeau, j’étais la seule… » De sa passion, Julie en a fait son métier. Pas tout de suite. « J’ai fait une prépa lettres, j’ai fait une fac d’histoire de l’art… À côté, je fabriquais pour moi, pour mes copines, des petits chapeaux pour le plaisir, sans technique, c’était un peu du bricolage. Et à 21 ans, j’ai tout stoppé pour concevoir des chapeaux. Mes parents se sont montrés compréhensifs et ont accepté que je fasse ce métier à condition de faire une formation en bonne et due forme. Je suis monté à Paris où je suivais quelques cours théoriques et j’avais un maître de stage dans l’Ardèche… c’était parfait ! »
Une fois sa formation terminée, Julie, reprend la chapellerie de Tulle, en 2008, à 24 ans. En 2011, elle ouvre sa seconde boutique à Brive, boulevard Anatole-France, en face de la Truffe Noire (Julie tiendra pendant 6 ans les deux magasins. Elle fermera celui de Tulle en 2017). Enfin, en 2020, elle s’éloigne un peu du cœur de ville et prend un local plus grand, avenue Alsace-Lorraine.
Modiste. Un métier rare. Selon l’Onisep (L’Office national d’information sur les enseignements et les professions), il y aurait entre 200 et 300 modistes en France… À condition que l’on distingue bien les modistes des chapeliers. Attention ! Ce n’est pas la même chose. Le chapelier réalise des chapeaux en série ou vend des chapeaux au sein d’une chapellerie, tandis que le modiste est un créateur de chapeaux. Julie est à la fois chapelière puisqu’elle vend des chapeaux fabriqués par d’autres mais surtout modiste… Une double casquette nécessaire car « sans mon activité commerciale de vente, je ne pourrai pas faire mes créations au prix où je les vends… », explique très honnêtement Julie.

Comme beaucoup de métiers artisanaux de précision et de création, fabriquer des chapeaux demande un savoir-faire multitâche. « Je travaille avec des formes (sorte de moules) en bois mais n’ayant pas toutes les formes (il n’y a pas autant de formes que de tailles de têtes), il y a énormément de travail à main levée pour faire du sur-mesure. Marteaux, épingles, machine à coudre sont mes outils du quotidien. Il faut maîtriser plusieurs corps de métier, de la conception à la réalisation. Travailler sur différentes matières demande une attention particulière. Le cuir, le feutre, la paille ne se travaillent pas, en effet, de la même manière. »
Et l’on vient de loin profiter des talents de Julie pour concevoir un couvre-chef sur mesure ou pour, tout simplement, acheter un chapeau de qualité. « Ma clientèle vient du très grand bassin briviste et dépasse allégrement les frontières de la sud-Corrèze. Cantal, Lot, Dordogne… »
Activité forcément chronophage, Julie prend tout de même le temps d’accueillir dans sa boutique des stagiaires ponctuellement et donne quelques cours au lycée Simone Veil dans le cadre de la formation (bac professionnel) métier de la mode dispensée dans cet établissement briviste. « J’essaie de transmettre. Cela me tient à cœur », avoue Julie mais pas autant qu’elle le souhaiterait. « J’ai été maître de stage et j’ai accueilli des apprentis mais cela demande énormément de temps et malheureusement, dans nos petites structures, c’est difficile, financièrement notamment. Il faudrait que l’on soit plus aidé. »
Julie, pour l’instant ne se projette pas, elle est encore jeune, et ne pose pas la question d’une vente ou d’une reprise ou d’une transmission. « Il y a déjà le quotidien à assurer ». Mais y aurait-il quelqu’un d’intéressé ?
Chapeline et Créations
Atelier de modiste-boutique de créateurs
12 bis avenue Alsace-Lorraine
05.55.23.09.72
Facebook. Instagram