Cette fois, la fourmi est prêteuse

En juin dernier, François Valente avait fait entrer son bestiaire de bois à la Fête des abeilles. Une rencontre grandeur nature, sous les yeux émerveillés des 750 élèves réunis autour de la biodiversité.

« La fourmi n’est pas prêteuse », écrivait Jean de La Fontaine. Celles du sculpteur corrézien ont pourtant volontiers quitté son atelier pour répondre à l’invitation de la Ville de Brive.

Difficile de passer à côté de ces petites bêtes devenues géantes. Maya, l’abeille, approche les 10 kilos. Les deux fourmis pèsent entre 6 et 7 chacune. Posées au milieu des ateliers consacrés aux pollinisateurs, elles semblaient avoir trouvé leur milieu naturel.

« Je suis très sensible à la nature. » Le regard des élèves lui a donné raison. « Ils étaient émerveillés par ces créations XXL et très réalistes. Ils ont adoré. »

Avant d’être sculpteur, François Valente a passé quinze ans derrière les fourneaux. Des cèpes, il en a préparé « des tonnes et des tonnes », sans jamais s’en lasser. Il faut dire que les champignons sont presque une affaire de famille. Son beau-père était un grand cueilleur et son père, menuisier.

De ce double héritage est né L’Univers du Champignon. Un monde peuplé de cèpes, de morilles, de girolles et de coulemelles, rejoints par des insectes, des limaces et des fruits.

Autodidacte, il a peu à peu transformé sa passion en métier. Un savoir-faire aujourd’hui reconnu par le titre de Maître Artisan d’Art.

Dans son atelier, les petits sujets prennent forme au tour à bois. Les pièces monumentales, elles, sont sculptées à la tronçonneuse et parfois renforcées par une armature en acier. Certaines réclament quelques heures de travail. D’autres, plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Pour donner vie à ses créatures, il ne laisse rien au hasard. Il observe, photographie et décortique chaque détail. Maya lui a ainsi demandé une réflexion particulière. Pour apporter de la transparence et de la légèreté à ses ailes, il a choisi le plexiglas.

Son travail est déjà bien connu des promeneurs brivistes. Quatre de ses champignons jalonnent la voie verte. Le public a aussi pu le rencontrer à la Fête des jardins, où il avait sorti la tronçonneuse pour des démonstrations en direct.

inauguration la fête des jardins Fatima Kaabouch Ville-de-Brive 2V7A8080
© Fatima Kaabouch

Depuis, ses créations ont essaimé dans plusieurs communes corréziennes et jusqu’à Toulouse, où elles ont poussé dans des cours de crèche et d’école.

Scarabées et libellules doivent encore agrandir son bestiaire. Autour de ces créatures, François Valente imagine déjà « une petite cité féérique, en harmonie avec la nature et tous les êtres vivants ».

La morale de l’histoire

Qu’il soit fourmi, abeille ou humain sur la Terre, nul ne saurait longtemps prospérer solitaire. Qui prend soin du vivant et partage son ouvrage, fait grandir l’harmonie et fleurir le paysage.





Partager la page

À LIRE

également
Un prénom et un homard moustachu pour ce bar restaurant bouillon qui redonne vie au 7 boulevard Édouard-Lachaud....
Cirque Entre Nous : un spectacle où l’exploit technique se met au service de l’émotion....
Vaisselle, petit électroménager, livres ou mobilier… La Ville relance sa collecte solidaire pour permettre aux étudiants brivistes de s’équiper gratuitement....