Écoles, équipements sportifs, salles associatives, bâtiments administratifs, locaux techniques, églises… Au fil des décennies, les serrures ont changé, les systèmes se sont modernisés et les trousseaux ont grossi.Pour ouvrir quelque 450 bâtiments municipaux, il faut environ 10 000 clés.
Dans les tiroirs de la serrurerie municipale, les générations se côtoient. Des modèles fabriqués cette année voisinent avec d’autres remontant aux années 1940. « On a tous les types de clés possibles et imaginables », résume Olivier Leron, 38 ans de service. Certaines vieilles clés d’église, grandes et lourdes, fonctionnent encore avec des serrures réalisées à la main.
Mais les plus belles histoires ne sont pas forcément derrière une porte d’église. À l’ancienne trésorerie municipale, aujourd’hui occupée par le service de la vie associative, une chambre forte est restée sur place. Lors du départ de ses anciens occupants, la porte blindée, haute de près de deux mètres, n’a évidemment pas suivi. Sa clé non plus. Un spécimen à la mesure de la serrure, plutôt difficile à égarer au fond d’un sac.

Autre vestige, une ancienne clé des cellules du 126e régiment. À l’époque, les militaires de passage qui faisaient quelques écarts pouvaient être conduits dans une cellule collective ou individuelle. Les bâtiments ont depuis disparu, mais la clé, elle, est restée. Lors de la cession des anciens locaux militaires à la Ville, près de 30 kilos de clés ont dû être triés. À ce niveau-là, on ne parle plus vraiment d’un trousseau.

Certaines servent encore. D’autres ont perdu leur serrure, leur porte, parfois même leur bâtiment. Mais chacune garde la mémoire de Brive.