Comme des lionnes

Elles ont créé leur club de rugby pour pouvoir pratiquer leur passion au féminin et marquer des avancées sur le terrain comme dans les esprits. Clin d’œil en ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes.
Fatima Kaabouch

Imprimée sur le maillot, une tête de lionne, leur mascotte. « Parce qu’une lionne, ça protège sa progéniture, les jeunes, et ça ne se laisse pas marcher dessus et nous, on rugit assez fort », s’amusent Émilie Haag et Ella Boutier.

La première, 37 ans, présidente, a remisé les crampons après 25 ans de pratique. La seconde, 29 ans, coprésidente, est capitaine de l’équipe senior. Dans le club, que des filles, seniors, cadettes, minimes, débutantes, expérimentées, petit, grand gabarit… « On prend chacune comme elle est. »

Elles sont aujourd’hui soixante, de 12 à 43 ans, joueuses, anciennes joueuses, mamans de joueuses. « Nos deux entraîneurs sont masculins. On essaye de former des féminines, mais elles n’ont pas le temps, avec le travail, les enfants… » Émilie et Ella font partie de la poignée d’anciennes qui ont failli plaquer le rugby « pour de mauvaises raisons » avant de créer ce club en 2022.

« C’est du rugby. On peut être féminines et pour autant combatives,

et même quelquefois plus virulentes que les garçons. »

« La pratique féminine se développe, mais le rugby reste encore patriarcal et un monde d’hommes. Dans les structures, les garçons sont toujours plus valorisés que les filles », déplorent-elles. « Notre but était de pouvoir prendre nos propres décisions, choisir notre façon de jouer, de nous entraîner… Ça n’a pas été simple, il a fallu gagner notre place. Maintenant, nous sommes invitées aux réunions du comité et nous pouvons donner notre avis lorsque ça nous concerne directement, comme sur les temps de match. On joue à 10 sur deux fois 30 minutes, c’est assez dur à tenir pour les petits gabarits. L’idéal serait 3 fois 20 minutes. »

Très vite, elles ont su tisser au sein du club un esprit convivial, une sororité qui resserre les liens. « Nos entraîneurs aussi sont sensibles à cet aspect et prennent en compte notre féminité, les périodes menstruelles, les contraintes liées aux enfants, avoir des douches correctes, un miroir pour se recoiffer… » Mais sur la pelouse, ce sont de vraies lionnes, sans concession. « C’est du rugby. On peut être féminines et pour autant combatives, et même quelquefois plus virulentes que les garçons. »

Elles alignent deux équipes, seniors et cadettes, demain des minimes, s’entraînent au stade Le Clère et évoluent au niveau régional. Pour les matchs, c’est un peu plus compliqué : « On n’a pas de terrain attitré ni de club-house ». Mais rien n’entame leur enthousiasme d’autant que la relève pousse ce pack.

« Je voulais faire un sport collectif et pour moi le rugby, c’est l’école de la vie, ça m’a changée et fait prendre de la maturité. C’est une famille », assume pleinement Léonie Coffinet, 17 ans, poids plume et capitaine des cadettes.

« Au-delà du rugby, je dirais aux filles, osez faire du sport, du hand, du basket… Elles ont peur souvent du regard de l’autre, d’être toujours comparées aux garçons », lance Émilie. Alors, elles ont fait broder une devise au dos du maillot : « Plus fortes, ensemble ». Des « lionnes », veillant les unes sur les autres. Et elles recrutent, des femmes évidemment, pour jouer, entraîner ou arbitrer.

Infos au 06.87.37.98.24.

Fatima Kaabouch
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