Don d’organes, parlons-en

22 juin, Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe. L’occasion de se renseigner, d’y réfléchir et d’en parler autour de soi. Au cas où. Un stand vous attend au marché Brassens ce samedi.
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En parler ne fait pas mourir. Qui plus est ce don n’est possible que dans les cas précis de mort encéphalique, suite à un AVC, une noyade, un trauma crânien ou autres accidents qui peuvent détruire irrémédiablement le cerveau, ce qui arrive très rarement, à peine 1 % des morts à l’hôpital.

En 2025, en France, cela représentait 3 188 donneurs potentiels*. Mais seulement 1 590 ont pu faire l’objet d’un prélèvement, bien trop souvent parce que les proches ne connaissaient pas leur volonté à ce sujet. Un chiffre à mettre en parallèle avec les 23 294 malades en attente d’une greffe pour pouvoir vivre mieux, plus longtemps ou vivre tout simplement car pour certains c’est une priorité. En 2025, 966 sont d’ailleurs décédés avant d’avoir pu en bénéficier. Voilà pourquoi il est important d’en parler à sa famille, ses amis, autour de soi, tant qu’on peut le faire.

Pourquoi il faut en parler

Parce que selon la loi, en France, on est tous potentiellement donneurs d’organes à notre mort. Ce don s’appuie sur trois principes fondamentaux : le consentement présumé, la gratuité et l’anonymat. Il n’y a pas de limite d’âge pour donner. Pas plus de réticence de la part des religions, christianisme, islam ou judaïsme qui reconnaissent la valeur morale du don dès lors qu’il peut sauver des vies.

Si l’on y est opposé, il faut s’inscrire sur le registre national du refus ou en parler à ses proches que les équipes médicales consultent obligatoirement pour recueillir une éventuelle opposition. Mais très peu d’entre nous se posent la question avant et le jour où la question se pose, c’est toujours pour ceux qui restent que c’est plus difficile.

Alors que les proches désemparés sont déjà sous le choc d’affronter l’insurmontable, ils doivent en plus se demander ce que le défunt, la défunte aurait souhaité. Un choix terrible. Et cette décision intervient dans l’urgence. Parce qu’il y a urgence, pour que d’autres puissent vivre. Car si étrange que cela paraît, une mort, puisque tel est le cas et que seules les machines maintiennent encore pour un temps les organes, une mort peut sauver jusqu’à sept vies, jusqu’à sept patients. On peut donner les reins, le foie, le cœur, les poumons, le pancréas, l’intestin, certains tissus comme la cornée, la peau ou les tendons.

Ce samedi 20, jour de marché, le pôle de l’hôpital tiendra un stand d’information devant la Halle Gaillarde ainsi que lundi 22 dans le hall de l’hôpital.

L’hôpital, centre de prélèvement

Depuis 2009, le centre hospitalier de Brive dispose d’un centre de prélèvement d’organes et de tissus. La procédure est rigoureuse et encadrée, mobilisant une équipe spécialisée pour garantir le soutien des proches, le respect du défunt et la réussite de la transplantation. Après le constat de décès, l’équipe de coordination cherche à connaître la volonté du défunt, consulte le registre national des refus et s’il n’est pas inscrit, s’entretient avec ses proches pour connaître son éventuelle opposition au prélèvement. Tout en préservant les organes, des analyses de laboratoire et des examens sont effectués pour évaluer leur qualité et trouver des receveurs compatibles.

Ensuite, c’est une course contre la montre qui s’enclenche. Le prélèvement des organes est un acte chirurgical effectué avec le même soin que pour une personne en vie et une fois l’opération effectuée, le corps est préparé pour être rendu, comme si de rien n’était, à la famille. Les organes conditionnés à 4 °C sont transportés très rapidement vers les hôpitaux où auront lieu les greffes.

Malheureusement, le taux d’opposition des proches progresse : il était de 37,1 % en 2025 contre 36,4 % en 2024. Souvent par peur de se tromper. Alors, oui, parlons-en, comme nous incitent à le faire le médecin coordinateur, les infirmières du pôle, FRANCE ADOT et la Ville de Brive qui met en place cette année une campagne de communication par affichage et réseaux sociaux et organise un ciné-débat lundi 22 juin, à 20h30 au Rex. Parce que le don d’organes, c’est une greffe de vie.

Une antenne briviste

Depuis l’an dernier, une antenne de France ADOT a repris vigueur. Elle rassemble une quinzaine de personnes, infirmières de coordination et de prélèvement, greffés ou familles de donneurs. Leur engagement : sensibiliser sur ce don, surtout pour en parler autour de soi. Elle intervient sur demande dans les établissements scolaires, associations, institutions. Infos au 05.55.20.04.60 ou fadot19@orange.fr.

* Les chiffres indiqués dans l’article sont communiqués par l’Agence de la biomédecine.

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