« C’est un entretien incontournable qui doit être mené deux fois par an, au printemps et à l’automne. L’opération vise à aérer le green pour préserver sa santé et sa qualité« , explique Cédric Mazeau, l’intendant du parcours au golf municipal.
Il faut d’abord tondre le green puis carotter proprement dit, c’est-à-dire faire des petits trous sur toute la surface du green à l’aide d’une machine spéciale afin d’enlever par endroits le « feutre » formé par le piétinement constant des golfeurs, ramasser ensuite ces carottes à la pelle, pulvériser de l’engrais pour le gazon, appliquer aussi de l’amendement organique pour le sol, sabler et au final brosser pour que le tout pénètre bien dans les trous.


Si l’on vous dit qu’il faut pratiquer 400 trous au m2, qu’un green fait en moyenne 500m2 et qu’il y en a 23… Faites le compte. Il est évident que l’opération prend un certain temps pour ne pas dire un temps certain. « Cela nécessite 5 jours pleins de travail pour nos quatre jardiniers », précise la directrice du golf Sylvie Dinard.
Alors cette afflux de main d’œuvre, ne serait qu’en cette journée de mercredi, de 5 vaillants jeunes avides d’en savoir davantage sur la technique, ne peut être que bienvenue. « On bénéficie de la proximité du campus végétal. C’est un échange de bons procédés. Ils nous aident, nous leur apprenons », reconnait la directrice. « Pour ramasser les carottes à la pelle, on va plus vite à cinq qu’à deux », argumente-t-elle.
Grâce à un partenariat signé avec ce campus du végétal du pays de Brive à Voutezac, la Ville a déjà intégré à ses équipes des élèves jardiniers pour entretenir les espaces verts et floraisons, mais c’est la première fois que des apprentis du CFA agricole intervenaient sur son golf. Et à cela, une bonne raison.
« Nous avons ouvert cette formation spécifique l’an dernier. Il s’agit d’un certificat de spécialisation en sols sportifs engazonnés« , détaille le coordinateur Thomas Lapouge. Une spécialisation pointue ciblée sur les terrains de sport et de golf, ouverte au niveau bac pro avec 14 semaines de formation en alternance. La première promotion qui achève sa formation compte deux jeunes avec déjà un contrat d’embauche : pour Hugo, 19 ans, ce sera le golf de Biarritz, pour Samuel, 20 ans, en alternance avec Bruges, ce sera finalement le stade de foot de Monaco.

Les trois apprentis de la deuxième promotion rêvent évidemment d’un avenir similaire, avec une quasi assurance de trouver un emploi. Pour l’heure, l’un est au stadium de rugby de Brive, un autre au stade d’entrainement de Clermont et le troisième au stade de football de Bordeaux. Aucun ne se destine pour l’instant au golf, « mais qui sait, le parcours professionnel évolue », avertit leur enseignant Romuald Pitaud. « Il faut savoir entretenir tous les terrains, des plus prestigieux aux plus ordinaires. Chacun a sa problématique riche d’enseignements. »
D’autant que le métier serait très porteur. « Nombre de jardiniers spécialisés vont partir à la retraite dans ces cinq années et il faudra va falloir trouver des remplaçants. » En décembre, le CFA va d’ailleurs ouvrir une nouvelle formation en contrat de spécialisation, cette fois niveau CAP, pour des jardiniers de golf. « À l’heure actuelle, tous les golfs recherchent des jardiniers. Nous aussi : il y a un poste à pourvoir pour janvier 2026 », confirme la directrice de celui de Planchetorte.