Gilbert Angot, un Chevalier du ciel aux anges

À 95 ans, son regard se perd toujours vers l’horizon. Ancien pilote de chasse, ce paisible résident en autonomie fut l’un des leaders de ce qui allait devenir la Patrouille de France.
L'ancien leader avec l'actuelle Patrouille de France © Fatima Kaabouch

« En diamant pour la photo. » À l’ordre du leader, les pilotes de la Patrouille de France, venue à Brive pour le meeting anniversaire, se sont déployés autour de Gilbert Angot, emprunts d’un énorme respect pour ce frêle monsieur qui a ouvert la voie il y a soixante-six ans.

Lui, appuyé sur ses deux cannes, contenant à peine son émotion, s’est fièrement redressé : « Je suis sacrément content. Vous ne pouvez pas savoir le plaisir… » Vingt ans qu’il n’avait pas vu la Patrouille en démonstration ! Et sa vieillesse s’est envolée.

« J’étais avec eux, dans le cockpit, avoue-t-il. Dès l’âge de 7 ans, je voulais être pilote. Je n’ai toujours pensé qu’à ça. » Il a gardé précieusement tous ses carnets de vol depuis son premier décollage en planeur tracté au bout d’un treuil par une voiture. « C’était fabuleux. »

À 19 ans, déjà pilote de vol à voile, il entre dans l’armée de l’air. « J’ai fait partie de la première promotion de Français envoyés se former chez les Américains. » Il en sort pilote de chasse sur Mustang, comme dans Top Gun. Il a 21 ans. S’enchaîneront au gré des bases la Tunisie, l’Indochine, l’Algérie…

En 1959, tout à gauche, le leader de la Patrouille acrobatique de Salon

« Au nord du Vietnam, le moteur de mon Bearcat est tombé en panne et je me suis crashé en forêt. Double fracture de la colonne. On m’a rapatrié au Val-de-Grâce, plâtré de haut en bas sans pouvoir bouger. Huit mois d’hôpital. J’ai eu de la chance de ne pas finir dans un fauteuil roulant. »

Sa solide expérience lui vaut d’être affecté à Salon-de-Provence pour commander en 1959 et pendant trois ans la patrouille de l’École de l’air qui faisait alors office de Patrouille de France, on trouve même des textes sous cette appellation.

« Nous étions quatre, comme les Mousquetaires. » C’est de là que vient l’indicatif « Athos » conservé jusqu’à aujourd’hui pour en désigner les pilotes. « J’ai créé des figures qui existent encore. »

« En voltige, on s’en prend plein la gueule.

Je ne pensais pas tenir aussi longtemps. »

La retraite sonnée, pas question de lâcher le manche, il devient moniteur de vol à voile du côté de Nice. C’est par hasard qu’il a « atterri » à Brive il y a une vingtaine d’années. Témoin de ce passé, trône sur le bureau une jolie réplique de son avion Fouga Magister, « une récompense d’honneur ».

Il a vécu et écrit une page de l’aviation, formé des centaines de pilotes de chasse, a totalisé 6 400 heures de vol en militaire, auxquelles s’ajoutent les 1 200 au civil. Des souvenirs plein la tête et le cœur. « En voltige, on s’en prend plein la gueule. Je ne pensais pas tenir aussi longtemps », a-t-il confié à l’actuel Athos 1.

Fatima Kaabouch
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