On le croirait naturel avec ses 100 hectares noyés dans un écrin de verdure. Et pourtant. En ce début juillet, il fêtera ses 50 ans. L’histoire est insolite et il est étonnant de voir comment l’artificiel peut si parfaitement supplanter le naturel, tant la beauté du site fait oublier qu’il est uniquement dû à l’homme. À un homme même, le docteur Louis Muzac, alors maire d’Estivals et président du Syndicat intercommunal du Causse corrézien, qui, survolant en hélicoptère la vallée de la Couze, a imaginé qu’elle serait propice à héberger un lac de cette envergure.
Les études géologiques lui ont d’ailleurs donné raison et ont révélé les vestiges, en des temps immémoriaux, d’un lac naturel. Le sol calcaire, donc perméable, repose en profondeur sur une couche d’argile garantissant l’étanchéité. Le projet était donc viable. Un barrage est construit dans la foulée et c’est à l’été 1976 que le lac est mis en eau, « l’année de la grande sécheresse ». Impensable aujourd’hui.

Cette première saison offre d’emblée un lieu de fraîcheur et voit émerger un poste de secours pour la baignade du Moulin et une plage de peupliers qui ne demandent qu’à pousser.
Puis apparaissent au fil du temps camping, ski nautique, voile, base nautique (en 1983), club, maison de l’eau et de la pêche, un parc aquatique (détruit en 2001), le chemin lacustre achevé en 1994 et depuis toujours très fréquenté quelle que soit la saison, un village de gîtes, une base VTT, une tour d’arrivée pour accueillir de grandes compétitions, un parc à bateaux, un nouveau poste de secours, une base trail, un espace sportif Mathieu Bosredon… Bref, de constantes extensions ou rénovations de structures jusqu’à y apporter du sable fin comme en bord de mer.
Passé sous pavillon Agglo de Brive depuis 2008, le lac poursuit son ambition et comble des publics variés, habitants, dont de nombreux Brivistes, touristes, sportifs et amateurs de multiples pratiques. S’y entraînent aussi bien les militaires que les écoles municipales ou classes découverte. On s’y promène, patauge, baigne, bronze, nage, rame, pêche, skie, longe côte, pique-nique, admire des spectacles, trinque à la guinguette…
À 10 km d’ici, ce havre local sait également cultiver son éclairage international en accueillant de grandes compétitions, dont les Championnats du monde juniors d’aviron et les Mondiaux militaires de triathlon. Le lac qui se prête particulièrement à l’aviron, au triathlon et à l’eau libre a même été labellisé Centre de préparation aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Un écrin que beaucoup nous envient et qu’il revient à chacun de préserver.
L’eau, un enjeu majeur
Notamment à la qualité de son eau. C’est l’élément central du site, un des enjeux majeurs pour les années à venir. Depuis 2015, une vidange partielle est effectuée tous les mois de novembre afin de lutter contre les algues bleues, les cyanobactéries, pouvant entraîner la fermeture à la baignade et l’interdiction des sports nautiques.
Grâce, entre autres, à cette mesure annuelle, les contrôles bactériologiques effectués par l’agence régionale de santé classent systématiquement le lac en « eau de bonne qualité » avec même un « excellent » dans le classement européen en matière de qualité bactériologique.
Demain, on vous parle des animations qui marqueront ce week-end cet anniversaire.