L’ombre de l’absent

Il était pourtant si présent l'écrivain Boualem Sansal, incarcéré en Algérie et président d'honneur de la Foire du livre. Retour sur l'inauguration.
Fatima Kaabouch

Tout un symbole. C’est la première fois que la Foire du livre de Brive se dote d’un président d’honneur, une décision prise par la Ville dès l’annonce de l’emprisonnement, il y a bientôt un an, de l’écrivain franco-algérien.

« C’est un acte politique dans un monde où tout se bouscule« , a revendiqué le maire Frédéric Soulier, mu par « la volonté d’avoir plus qu’une pensée, mais une idée qui porte la liberté d’expression, la liberté de lire, d’écrire. On ne se rend pas bien compte ici de la chance que l’on a. »

Fatima Kaabouch

Même écho avec le président de cette 43e édition, Philippe Claudel, arborant sur sa veste un badge de son cru « Je suis Boualem Sansal » et qui a relu le texte « Vous m’entendez » dans lequel il se met à la place de l’écrivain incarcéré.

Pour Yaël Bran-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale qui dédicace aussi sur la Foire, « il est important de ne pas l’oublier et de se battre. Nous avons besoin de nous mobiliser tous. Dans un monde qui devient binaire, où l’on perd le sens de la réflexion, le livre est tout l’inverse de cela. C’est le sens de la nuance, prendre le temps de plonger dans des récits, des histoires. Voir que la Foire du livre attire autant de compatriotes est porteur d’espoir. »

L’inauguration aura comme chaque année réservé son lot d’anecdotes que l’on archive dans les mémoires. Celui d’un président d’édition perdu dans la Foire et que l’on a attendu un quart d’heure, officiels patientant sagement derrière un ruban déroulé et des ciseaux bien orphelins. Quelques réparties sur le chemin rituel de déambulation à travers les allées déjà bien fréquentée en ce premier jour. Le « Revotez pour moi », taquin en cette période pré-électorale, de Philippe Claudel prenant la parole pour exprimer tout son bonheur à cette présidence. Et bien d’autres bons mots des uns ou d’autres qui font sourire, rire et surtout partager.

Certainement un tournant aussi dans le déroulé inaugural traditionnel qui a emprunter cette année un tour moins protocolaire. Pas de discours successivement lus à la tribune, mais des plateaux de perosnnalités suscitant une parole plus spontanée, d’abord avec les acteurs institutionnels partenaires de la Foire, puis avec les grands invités de l’édition, Hélène Dorion, grande invitée poésie (une première aussi), Emmanuel Guibert en BD et Jean-Claude Mourlevat pour la jeunesse.

L’inauguration s’est achevée comme il se doit par la remise du prix au merveilleux intitulé, créé par la Ville en 1986: le prix de la langue française remis à un Jean Echenoz, très touché par cette distinction qui récompense au delà d’un livre une œuvre.

Fatima Kaabouch
Fatima Kaabouch
Le plateau des grands invités © Marie-Christine Malsoute
La remise du pirx de la langue française à Jean Echenoz © Marie-Christine Malsoute
Partager la page

À LIRE

également
Située au 2e étage du bâtiment C2GC, l'USP fonctionne avec une équipe multidisciplinaire s'adaptant aux 8 patients en chambres individuelles....
Rue Louis-Latrade, la boutique de la Croix-Rouge est ouverte à tous, ceux qui en ont besoin comme les autres qui...
"Paris Canaille" a ravi les quelque mille invités du traditionnel rendez-vous de début d’année. Avec un entraînant french cancan en...