
C’est une nouveauté mijotée par Brive tourisme. Des tickets pour déguster sur le pouce des produits locaux chez des commerçants partenaires. On est gourmand, on a voulu tester: idéal pour découvrir ou faire découvrir la richesse et les savoirs du terroir. On vous raconte par le menu…
Case départ: le « phare » de la Guierle, siège de l’accueil de l’Office de tourisme, pour acheter la petite enveloppe à 9,90 euros. À l’intérieur, la liste des partenaires avec le plan pour les localiser et ce qu’ils vous proposent moyennant un ticket. Et les fameux tickets à grailler, format timbre, mettant en scène la gaillarde moustache de façon gastronomique. Amusant.
Le principe lui-même est original. Il s’agit d’un parcours gourmand vous proposant des visites dégustations pour picorer des spécialités locales chez les commerçants qui ont accepté de jouer le jeu. « On nous demande souvent ce qu’on mange ici, c’est une manière sympathique d’en avoir un aperçu », explique Karine Bon de Brive tourisme. Une façon aussi de découvrir ou redécouvrir le centre-ville, en se promenant de l’un à l’autre. L’idée peut séduire aussi bien les touristes que l’autochtone recevant famille ou amis. En plus, pas besoin de s’inscrire ou de prévenir.
Sauf que ladite enveloppe ne contient que 5 tickets… pour 10 commerçants. Délicat dilemme car, évidemment, on a envie de gouter à tout: le foie gras, les rillettes, le fromage, le vin paillé, la bière, le café torréfié… Alors, on vous avoue, on a un peu triché: nous les avons tous visités, mais c’était bien sûr pour mieux vous informer.
À la Halle Gaillarde, on a dégusté une savoureuse chiffonnade de jambon truffé au Comptoir de Clément Massonnier puis à L’Atelier de Nico le café torréfié par Nicolas Blanchard, « un mélange d’origines fraichement moulu juste avant d’être servi ». Rue Gambetta, Pascal Charazac qui tient désormais la fromagerie Miane, fait déguster un assortiment de fromage locaux. Rue de l’Hôtel de Ville, la Cave du Pic vert nous a servi un vin paillé (son raisin est séché sur paille) qui bénéficie désormais d’une AOP : « nous sommes la seule région avec le Jura à en produire ».
Dans la même rue, la chocolaterie Lamy nous a fait sélectionné en fonction de nos goûts trois origines de chocolats. Attention, il faut aller directement à l’atelier Bean to bar (littéralement de la fève à tablette) où son transformer des fèves venues de différents pays. Deux des chocolats ont décroché pour l’un une médaille d’or, pour l’autre d’argent à la Coupe du monde 2023, une sélection anonyme du type Michelin. Et comme, on a vraiment aimé, on a eu droit à une visite de l’atelier par le patron lui-même Eric Lamy et on a même goûté le chocolat en fabrication encore chaud pour sentir toute sa puissance.
Boulevard maréchal Lyautey, Catherine Gobert de La Combe de Job, adore faire pétiller les papilles avec selon son humeur un petit toast gaillard foie gras à la figue ou au cèpe ou à la truffe ou un pâté au magret fumé. Rue Saint-Martin, chez Élodie Gouillaud, Mlle Libellule, après avoir senti différentes boites, nous avons dégusté thé et infusion bio, avec plusieurs temps d’infusion pour le thé afin de « saisir le profil aromatique ». En bas de la rue Toulzac, la Maison Lepetit vous tartine les rillettes de canard sur la Miscotte fabriquée à Curemonte.
Avenue maréchal Bugeaud, la Distillerie Bellet, n’a que l’embarras de vos goûts pour vous faire découvrir un de ses apéritifs, liqueurs et cocktails. On a hésité entre Gentiane, Guignolet et le Pastis vert à la verveine, et finalement opté pour la liqueur du Centenaire spécialement mis au point pour le siècle de cette maison (102 ans maintenant): un mélange de verveine, génépi, serpolet, hysope, racine d’Angélique et autres plantes servi avec un tonic qui plus est artisanal. Avenue maréchal Bugeaud, la brasserie La Banou vous sert un galopin d’une de ses bières au pied des cuves dans lesquels la fermentation opère, tout en regardant le gaz s’échapper avec magie du barboteur.

Et on a gardé pour la fin le « bonus graille »: la distillerie Denoix passée maître dans l’art de la visite dégustation depuis de nombreuses années (avec notamment des visites guidées gratuites à 14h30 du mardi au vendredi en juillet et août). Un incontournable servi sur un plateau en plus des 5 adresses à choisir.
Ici, pas besoin de ticket. « Les visiteurs sont toujours surpris de découvrir une distillerie ancestrale toujours en activité », s’amuse Paul Bastier qui poursuit la tradition avec son épouse Marie. « C’est l’occasion d’expliquer les procédures de fabrication. »
Car tous nous ont parlé avec passion de leurs produits, de leurs origines, des méthodes de fabrication. Emportés par leur amour du métier, tous ces professionnels, qu’ils soient commerçants ou artisans, nous ont fait goûter bien plus que la bouchée prescrite, nous ouvrant des fenêtres sur leur savoir-faire. Et ils sont très fiers de le partager. On vous conseille vivement d’abuser de ces tickets graille pour vous ou vos amis. Vous allez apprendre bien des choses.









