Entre midi et deux, ça ne désemplit pas. Ce jour-là, près d’un donneur sur deux est agent municipal. Certains sont des habitués, d’autres découvrent le plasma. Dans la salle, les quatre machines tournent, la musique aussi. Ça discute, ça plaisante et l’équipe médicale veille sur tout ce petit monde. Ici, on pique, certes. Mais on dorlote surtout.

Christian ne dira pas le contraire. À 62 ans, il vient spécialement d’Argentat. Quarante-cinq minutes de route pour tendre le bras. Le don de sang, il connaît depuis ses 20 ans. Maintenant qu’il est à la retraite, il intercale aussi des dons de plasma. « Tant que j’ai la santé, je viendrai. »
Installé dans son fauteuil, téléphone à la main, il connaît la maison. Et quand il repart ? « Je me dis que j’ai fait quelque chose d’utile. »
Voilà justement l’idée du challenge lancé par l’Établissement français du sang du 1er octobre au 30 novembre. Collègues, étudiants, sportifs, membres d’une association, amis… chacun peut monter son équipe.
Le principe tient en une ligne. Un don de plasma, un point.
Il suffit de choisir un nom, de rameuter ses troupes et de le signaler lors de la prise de rendez-vous. À la fin du challenge, celle qui aura cumulé le plus de dons repartira avec un trophée.
Derrière le jeu, l’enjeu est autrement plus sérieux. L’EFS veut notamment faire entrer le don de plasma dans les habitudes des entreprises, collectivités et associations, au même titre que d’autres engagements de responsabilité sociale.

Reste une question. Pourquoi donner son plasma ? Le docteur Nicolas Bosse-Platière a son image toute trouvée. « Le plasma, c’est le bouillon». Dans le sang circulent les globules rouges, les plaquettes et ce fameux plasma. Lors du don, une machine les sépare, conserve le plasma et restitue les cellules sanguines au donneur.
Ce « bouillon » est ensuite utilisé pour fabriquer des médicaments indispensables, notamment des immunoglobulines et certains facteurs de coagulation. Des traitements dont dépendent environ 500 000 personnes en France. Pourtant, le pays importe encore près de 60 % de son plasma.

À quelques fauteuils de Christian, Michaël, agent de la Ville et donneur régulier, a un conseil pour ceux que l’aiguille ferait encore hésiter. « Il faut passer le cap. Une fois que tu l’as fait, tu n’as plus peur». Et à voir l’ambiance dans la salle, le don de plasma laisse largement le temps de bavarder, regarder son téléphone ou plaisanter avec l’équipe.
👉 Envie de participer ? La Maison du don vous accueille 8 rue Vincent-Chassaing, à Brive. Vous pouvez vérifier votre éligibilité et prendre rendez-vous en ligne auprès de l’EFS ici.