Une nouvelle étape a été franchie hier pour le projet de pole culturel devant regrouper sur le site de l’ancienne caserne Brune tous les enseignements du Conservatoire, musique, danse, théâtre, ainsi que l’EMA, École municipale d’arts plastiques. Ce 4 novembre 2026, le conseil municipal a en effet approuvé l’APD, l’Avant projet définitif, actant le choix architectural et l’estimation des travaux qui en découlent.
D’où il ressort surtout un nouveau destin pour le département danse du conservatoire. On connaissait déjà peu ou prou l’allure générale du projet, mais les précédentes propositions implantaient la partie danse à l’arrière du bâtiment central puis en souterrain sur un de ses côtés. Signe qu’il était difficile de caser tous les enseignements aujourd’hui dispersés dans six lieux différents, avec leurs 1350 élèves et 50 enseignants, dans un seul et même bâtiment et ce malgré ces 5.000 m2 disponibles offerts. Le département danse sera finalement implanté à 20 mètres, dans le troisième bâtiment historique, dit Artois, longeant le boulevard Brune, pour un coût estimé à 2,5 millions d’euros. Cet aménagement sera réalisé après la réhabilitation du bâtiment central.

Ce choix arrêté permet d’établir une estimation financière du projet, à hauteur de 20 millions d’euros hors taxes intégrant études, travaux, réseaux et mobilier. L’adoption de cet APD permet aussi de rentrer dans une procédure plus concrète. Le permis de construire est à l’instruction et devrait être délivré avant la fin de l’année. Le dossier de consultation des entreprises, en cours de constitution, devrait être finalisé en février pour un lancement effectif des consultations de mars à juin. Les travaux pourraient démarrer en octobre 2027 pour une ouverture de l’établissement prévue au premier semestre 2030.

Pour mémoire, le concours d’architecture a été remporté par le cabinet Fabre/Speller avec un projet très respectueux du bâtiment historique en conservant et réhabilitant entièrement les façades ainsi que les menuiseries en bois. La caractéristique du projet, sa signature architecturale qui marquera le renouveau du site, sera cette voute en zinc naturel, élément saillant ajouté à la toiture en ardoises qui sera restaurée. Cette « sur toiture » permettra d’apporter grâce aux pignons et « ventelles » en verre une lumière naturelle indirecte aux salles d’arts plastiques.


À l’intérieur du bâtiment, l’ensemble des planchers va inévitablement être revu pour fournir des hauteurs appropriées aux enseignements. La partie gauche du bâtiment, côté rue d’Espagnac, comprendra un auditorium de 250 places, des salles de répétitions et au dernier niveau des salles à hauteur généreuse pour les arts plastiques. L’autre moitié, droite, du bâtiment, sera plus traditionnelle avec les salles de cours, individuels et collectifs, les bureaux administratifs et en rez de chaussée une salle d’exposition modulable entre 160 et 180m2 pouvant mettre en valeur le travail réalisé dans ce pole d’enseignement.
Le tout sera accessible aux PMR, y compris les loges et coulisses, ce qui est loin d’être le cas des lieux actuels. « Une vraie révolution » saluée par Mathieu Bosredon, conseiller municipal délégué au Handicap. « On donne accès à tous les niveaux, à tous les enseignements, à la scène, à l’arrière scène… et donc aussi potentiellement à des spectacles de personnes en situation de handicap. Un accès large à la culture. »


« C’est un projet très attendu qui a été travaillé depuis de très nombreuses années avec les équipes d’enseignants », a insisté Philippe Lescure, ancien maire-adjoint à la Culture qui a rappelé « l’obsolescence du conservatoire actuel » et le potentiel offert par la « mutualisation et la transversalité des enseignements« . Le pole culturel qui sera en réseau avec les écoles alentour, va aussi pouvoir jouer à plein « son rôle de rayonnement et d’attractivité sur les 48 communes de agglomération ». Sans compter sa résonance sur ce quartier en devenir qui va élargir le centre-ville.
Ce qui en fait, bien au-delà de son aspect culturel, un véritable « projet de ville et d’agglomération ». Il a d’ailleurs été porté lundi soir à la connaissance du conseil communautaire puisqu’il passera sous compétence Agglo à partir de janvier prochain.
« C’est un chantier massif qui fera date, comme l’aéroport, le contournement Nord, la station de traitement des eaux ou la piscine. On en fait un tous les 20 ans. Il ne faut pas voir peur de porter des grands projets », a défendu le maire Frédéric Soulier qui y voit « un vrai outil de développement économique culturel ».
Que vont devenir les sites actuels une fois libérés ? Le conservatoire de la rue docteur Massenat a vocation à accueillir des logements, ce qui permettra de densifier le cœur de ville « mais nous allons nous accorder du temps », a précisé le maire. Quant à l’ancienne école Firmin Marbeau, siège de l’EMA, l’actuel adjoint à la Culture, Olivier Bonnichon, a rappelé que son étage réunissait déjà la direction du Rex art et essai, le Festival du cinéma et depuis cet été le pôle régional de l’éducation à l’image Les Yeux verts, donc « une entité cinéma active ».
