À l’école de la Foire du livre

Une trentaine d'auteurs interviennent dans les classes, du maternel au secondaire. Lucie Brunellière était ce matin avec des CM1 à Jules Ferry. Ils ont adoré.
© Marie-Christine Malsoute

« Aujourd’hui, pour nous, c’est journée Foire du livre », se réjouit tout autant que ses élèves Cathy Bruneau. À commencer en première partie de matinée, par une rencontre avec Lucie Brunellière, illustratrice auteure, venue avec sa dernière publication Mon tour du monde imaginaire (Albin Michel Jeunesse). Une rencontre murement préparée de part et d’autre.

Son album est une cartographie de paysages dans lesquels se conjuguent vaste et minuscule, grande ville et montagne, littoral et forêt, tropical et glacial… « Il offre plusieurs niveaux de lectures, sur la découverte, le climat », abonde l’enseignante.

© Marie-Christine Malsoute

Si l’auteure foule pour la première fois Brive et sa Foire, elle est par contre rompue à l’exercice d’immersion scolaire. « Ça me nourrit, j’aime avoir ce retour des enfants, voir comment ils s’approprient le livre. »

De fait, elle les met instantanément à l’aise en se présentant : « J’aime bien que l’on me tutoie et que l’on m’appelle par mon prénom ». Aussitôt dit, aussitôt mis en pratique et Lucie répond à une batterie de questions, signe que les élèves ont épluché son livre.

Et ils veulent tout savoir : à quel âge elle a commencé à faire des livres, combien elle en a écrit, combien de temps cela lui prend, comment elle trouve les titres, d’où elle vient, est-ce qu’elle sera sur la Foire après… Les « pourquoi », « combien », « comment » s’enchaînent. En levant au passage le mystère sur qui est « Tatou » dans le livre, que l’on ne vous le dévoilera pas.

Lucie Brunellière explique à la classe son travail sur tablette graphique et comme rien ne vaut la pratique, elle les invite à réaliser une carte imaginaire tous ensemble. Les élèves tirent d’abord au sort les éléments du contexte. Ce sera donc un climat polaire, avec un océan, une rivière, un volcan, des plaines, des routes… À eux de laisser voguer leur imaginaire.

Pendant qu’elle prépare le fond de carte sur une grande feuille scotchée au tableau, chaque élève dessine les détails sur de minuscules papiers : animaux, arbres, habitat, voitures, bateaux… « Vous n’utilisez que des feutres, deux ou trois couleurs et pas de contour noir », cadre l’illustratrice qui a mis au point un ingénieux système pour canaliser l’attention de cette ruche. « Quand je dit « 1, 2, 3, ohé », vous répondez « ého » en vous arrêtant pour écouter les consignes. Petit à petit, la carte prend forme.

Mais l’heure et demie a tourné trop vite et Lucie est attendue dans une autre école. Les CM1 vont continuer à enrichir leur carte jusqu’à la récré, non sans avoir veillé à faire dédicacer l’album pour l’école. « Ensuite, nous allons revoir quelques détails pour la déambulation poétique cet après-midi. »

© Marie-Christine Malsoute

Depuis 5 ans, 800 élèves du premier degré, de la maternelle au CM2, goutent en effet à la poésie, allant jusqu’à dire textes appris ou créés lors de déambulations à travers la ville le vendredi après-midi de la manifestation. Des mots semés de ci de là qui s’enracinent.

« Cette année, nous avons travaillé sur le thème des mathématiques et des sciences en lien avec la venue de Cédric Villani. C’est un gros travail pour apprendre à déclamer et se faire entendre. » Et l’enseignante savoure ce bonheur de voir la Foire du livre diffuser ainsi dans les classes et à travers la ville.

© Marie-Christine Malsoute
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