Quand les auteurs ouvrent leur coeur

À la Foire du livre, il est des rencontres qui ne ressemblent à aucune autre. Avec « Humains à lire ! », cinq personnes se retrouvent face à un auteur pour quinze minutes de confidences. Nous avons suivi celles de l'ancien rugbyman Rodrigo Capó Ortega.
Humains à lire
Humains à lire

« C’est trop court ! » Pour une fois, la frustration est un compliment. Julien, ancien rugbyman amateur, était venu par curiosité. Il aurait volontiers prolongé la rencontre. Élise et Mathieu Bosredon sont du même avis.

Il faut dire qu’à la médiathèque, « Humains à lire ! » propose une expérience singulière. Pas de tribune, pas de micro, pas de public nombreux. Juste un auteur et cinq personnes réunies pour échanger. Ici, on ne vient pas nécessairement parler littérature. On vient à la rencontre d’une histoire, d’un parcours de vie. Et parfois, on y retrouve un peu de la sienne.

Rodrigo Capó Ortega a longtemps été un géant du rugby. Plus de 400 matchs avec le Castres Olympique, deux titres de champion de France, en 2013 et 2018. Puis, en 2020, tout s’arrête. Derrière la carrière brillante, il y a une autre histoire, bien plus douloureuse. Celle d’un homme qui perd ses repères, sombre dans la dépression et les addictions à l’alcool et à la cocaïne. Un parcours qu’il raconte aujourd’hui dans son livre Rugby sous pression.

Au sein du cercle, son témoignage fait sens. Julien connait le terrain, Élise a partagé la vie de rugbymen et Mathieu Bosredon, triple champion paralympique de paracyclisme, connaît lui aussi les exigences du haut niveau. Blessures, fin de carrière, difficulté à se reconstruire…

conversation humains à lire
conversation humains à lire

Une fois la séance terminée, la discussion se poursuit dans les allées de la médiathèque. « Le jour où cette bulle éclate, tu es confronté à un monde dehors qui est terriblement dur parce que tu peux ne plus être personne », déplore Mathieu. Entre ces trois inconnus, le courant est passé. C’est aussi cela, la magie de ces tête-à-tête.

Un peu plus tard, Rodrigo Capó Ortega nous confie ce qui l’a poussé à participer à « Humains à lire ! ». « C’est quelque chose qui me ressemble, où je me sens bien. Parler avec les gens, raconter, transmettre, partager. » Peu importe le nombre de personnes qui l’écoutent. « Que ce soit une personne, deux, trois, quatre, cinq ou cent ou deux cents, je vais avoir les mêmes mots. Je vais être moi. Je suis Rodrigo, un humain. »

Aujourd’hui, l’ancien joueur ne cherche plus à cacher ses fragilités. Au contraire, il veut en faire une force pour les autres. « Dans la vie, il faut accepter sa vulnérabilité. Accepter qu’on ait le droit de tomber, se relever, pleurer, crier, rigoler et surtout demander de l’aide. »

Ces rencontres lui apportent autant qu’il donne. Depuis la sortie de son livre, les témoignages d’affection se multiplient. « J’ai reçu tellement d’amour ! Et aujourd’hui, tout cet amour, je le reçois les bras ouverts. Ça réconforte, ça fait du bien. » Un élan qu’il puise d’abord auprès de sa femme Julie et de leurs enfants. « Ils sont mon pilier, mon moteur. »

Et puis il y a eu ces retrouvailles inattendues, juste après la séance. David Darricarrère fait son apparition. L’ancien entraîneur du CA Brive connaît bien Rodrigo. Les deux hommes tombent dans les bras l’un de l’autre et prennent le temps de discuter.

Décidément, à « Humains à lire ! », les rencontres ne s’arrêtent pas au bout de quinze minutes.

Étreinte ortega et david
Étreinte ortega et david

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