Sa brillante carrière l’a éloigné de la cité gaillarde, mais Paul Beynet, ancien élève du conservatoire briviste (actuellement chef de chant au conservatoire de Boulogne-Billancourt et du Pôle supérieur d’enseignement artistique Paris Boulogne-Billancourt), entretient un sincère attachement avec l’établissement qui l’a vu éclore.
Ce jeudi 5 février à 20h à l’auditorium Francis Poulenc, il accompagnera cette fois le ténor Enguerrand de Hys (entrée 10 euros, demi-tarif sous conditions). Les deux artistes, en résidence au Théâtre impérial Opéra de Compiègne, ont déjà enregistré ensemble deux albums et composent avec la clarinettiste Élodie Roudet le trio Ayònis. Leur programme ce soir balaiera le thème « Aimons, rions, chantons sans cesse » en invoquant Mozart, Grety, Ravel, Fauré, Hahn, Séverac Satie, Gounod, Offenbach et Poulenc.


Mais cet après-midi, le duo s’est gentiment prêté au récital offert à une centenaire de la toute proche résidence du Chapeau-Rouge. Tout juste Simone Davige savait-elle que la résidence lui préparait une petite surprise pour son anniversaire, avec le traditionnel bouquet offert par la Ville, mais elle était loin de se douter qu’il s’agissait d’un concert en son honneur.
« C’est une dame très appréciée et qui aime la musique. Alors on a eu cette idée, on s’est rapproché du conservatoire. Ce qui est amusant est que ses responsables avaient eu eux-aussi la même envie après l’avoir rencontrée lorsque les élèves étaient venus en concert pour le Calendrier de l’avant « , explique Cédric Monfort, responsable de la résidence autonomie de la Ville.

Un exercice habituel pour le pianiste et le ténor qui ont déjà effectué avec leur trio une tournée des Ehpad dans l’Oise. « On a tout de suite accepté. Nous aimons aller vers les publics empêchés qui ne fréquentent pas les salles de concerts. Nous faisons aussi des interventions en milieu scolaire. C’est un partage. »
N’étaient prévus que deux morceaux : un lied que Mozart a écrit en français, Dans un bois solitaire, et la mélodie Au bord de l’eau de Gabriel Fauré. Emportés par l’émotion, les deux artistes ont poursuivi par un troisième morceau, Les chemins de l’amour de Francis Poulenc, qu’ils donneront aussi ce soir et l’incontournable Joyeux anniversaire, repris par la trentaine de résidents présents et le personnel, avant de savourer le gros gâteau concocté par la cuisine de la résidence.
« C’est magnifique, je suis tout heureuse », répétait la centenaire, touchée par tant d’attention. D’autant plus émue que l’un de ses fils (l’ancienne agent de recouvrement aux Impôts a 3 enfants, 8 petits-enfants et 5 arrière-petits-enfants) lui avait fait aussi la surprise de venir partager ce moment musical.
