À une semaine de l’événement, les grandes lignes de cette deuxième édition ont été présentées ce matin à la caserne Laporte.
Forte du succès de sa première édition qui a attiré plus de 3 000 personnes, la manifestation organisée par le comité Plan famille (association visant à améliorer le quotidien des militaires et de leurs familles), appuyé par le 126e régiment d’infanterie et la Ville, écrira donc un nouveau volume dès cette année, « pour ensuite prendre un rythme de croisière tous les deux ans, en alternance avec les journées portes ouvertes du régiment briviste », explique le colonel Antoine Naulet, commandant la base de défense.
L’événement a vite percé et pris position dans le calendrier, signe d’un attrait certain côté militaire comme civil. « Le succès a dépassé les attentes, tous les auteurs ont demandé à revenir. Nous avons reçu cette année la demande de 300 auteurs et nous avons 100 places. »
Certes, comme l’a rappelé le maire-adjoint Olivier Bonnichon, nous sommes dans la ville où transhument chaque début novembre des flots d’écrivains pour notre fameuse Foire du livre, passage incontournable de la rentrée littéraire. Son commissaire général François David, également auteur de Brive-la-Résistante, une ville dans la tourmente 1940-1944, compte d’ailleurs parmi les auteurs attendus ce prochain week-end. « Clin d’œil très symbolique. » La manifestation est d’ailleurs toujours placée sous le double parrainage des ministères des Armées et de la Culture.

Mais, pour le gradé comme l’élu, le germe est plus profondément ancré dans « une histoire commune ». Il repose sur « l’attachement fort d’un territoire à son régiment », ses fiers et vaillants Bisons, exprimant ainsi le lien armée-nation qui prend de l’ampleur en cette période troublée. « L’ambition du Festival est de créer un espace de rencontre, de dialogue et de partage, entre le monde militaire et la société civile à travers le livre, renforçant ainsi ce lien armée-nation, fortement ancré à Brive », trace le colonel Naulet.
Pour les blessés
Un attachement « extraordinaire », estime Isabelle Faure-Roche à la tête du Plan famille, et qui fait se mobiliser aussi bien l’institutionnel que le privé, la grande entreprise que le petit artisan et d’autant plus que la cause de la manifestation est entendue : les blessés de l’armée, ceux atteints dans leur chair comme ceux aux cicatrices moins visibles, meurtris dans leur âme.
Des blessés qui sont « nos » blessés, à tous, car on ne peut oublier ceux qui s’exposent pour garantir notre sécurité et qui peuvent donner jusqu’à leur vie. Une « reconnaissance » chère aux militaires et qui permet d’améliorer les parcours de soins mis en place. D’apporter ce « supplément d’âme » qui peut concerner jusqu’aux situations qui ne sont prises en compte par l’institutionnel. D’où l’intérêt d’en passer par une structure associative offrant une souplesse d’action comme le Plan famille.
Guérir entre les lignes
Le Festival se dote cette année d’un logo pour mieux servir sa cause : un « Bison » blessé qui lit. Le visuel sera décliné en goodies, t-shirts, casquettes ou mugs dont la vente sera entièrement reversée pour les blessés.
« Des boîtes de collecte seront également à disposition afin que tout un chacun puisse déposer une contribution même modique », précise Isabelle Faure-Roche, qui rappelle que « la première édition a permis de récolter 38 000 euros au profit des Invalides ainsi qu’aux deux maisons Athos, de Bordeaux et de Toulouse, accompagnant les blessés psychiques ».

Cette année, les sommes récoltées iront à nouveau aux maisons Athos mais aussi dans l’escarcelle du Plan famille pour justement pouvoir remédier à des situations plus locales, au profit des familles de militaires ou d’anciens militaires. « C’est la force d’une association que d’aller vers un accompagnement plus ciblé », reconnait le chef de corps, rappelant aussi « qu’un soldat être blessé laisse une partie de lui-même en opération. Ce n’est jamais neutre. »
Des auteurs venus de toute la France
Si le Festival s’appuie sur le sentiment d’appartenance et de proximité, côté stands, les auteurs viennent de toute la France avec une très grande diversité d’ouvrages,d’histoire, de stratégie, de géopolitique, des essais, biographies, témoignages, romans, BD… Des livres qui ont trait à la chose militaire ou écrits par des militaires ou anciens militaires dans une large panoplie d’inspirations. Parmi les auteurs, des apparentés au 126 comme le colonel Hugues Perrot qui en fut chef de corps, Laurent Merle, ancien Bison blessé en Afghanistan (lire notre article Blessé en Afghanistan, Laurent Merle témoigne), le général Hervé Pierre, ancien commande de brigade…
Des conférences
Parallèlement, des conférences aborderont des sujets aussi divers que la géopolitique, les enjeux stratégiques, le défi sécuritaire, l’information et la guerre -sujets ô combien d’actualité -, les combattants limousins en 14-18, les jeunes dans la Résistance et surtout la reconstruction des blessés, le samedi après-midi leur est dédié, avec le témoignage de plusieurs blessés, parole plutôt rare dans les manifestations. Un moment assurément fort. À noter aussi en préface jeudi soir à 19h à Chadourne la conférence du général Goisque, ancien chef de corps du 126 (lire notre article Qu’en est-il de notre défense?).
Le sens de l’engagement
Évidement sous-jacente, cette notion d’engagement, servir plus grand que soi. Elle sera d’ailleurs au cœur des débats, notamment à destination des jeunes vendredi après-midi. Un moment ouvert à tous mais davantage ciblé jeunesse avec des conférences plus courtes. Des classes de tout le département ont déjà répondu à l’appel.
Y trouvera écho le nouveau service national que le 126 met en place pour septembre. Sera d’ailleurs présent le général de corps d’armée Pierre-Joseph Givre, directeur du Service national et de la jeunesse. « On le constate, nos jeunes cherchent du sens, ont une grande envie de l’engagement vers les autres et une partie se tourne vers nous. La graine est toujours là. La question que nous devons nous poser, c’est comment nous pouvons les aider à la faire pousser », témoigne le colonel Naulet.
Déploiement de matériel
La manifestation se veut aussi une vitrine pédagogique avec des professionnels heureux de partager leurs savoirs : il y aura des véhicules comme un Griffon et un Masstech, un hélicoptère de l’ALAT, les cars-podiums des armées, une scène de crime de la gendarmerie… D’où son intitulé bien choisi de « festival » et non « salon » pour en faire « un moment joyeux et ludique ».
La musique des paras
L’événement se conclura d’ailleurs samedi à 20h par un concert caritatif de la Musique des parachutistes de Toulouse (2 fois 35 min avec un entracte de 20 min). Répertoire large pour cet orchestre d’harmonie, ambassadeur des troupes aéroportées de l’armée de terre. Gratuit mais sur réservation au 06.40.55.67.77. Et il y aura également une boîte à dons pour les blessés.
Festival du livre militaire à l’Espace des Trois Provinces. Vendredi 29 mai de 13h30 à 18h45 et samedi 30 mai de 9h30 à 19h15. Entrée libre et gratuite.
