« Tu resteras le premier sportif briviste qui inscrit son nom et celui de la ville dans le Livre des records », a salué le maire Frédéric Soulier avant de remettre la médaille à François Lacassagne, toujours très ému en revoyant sur écran les images de son arrivée sur la Guierle.
« Nous ne la donnons pas à tout le monde », a souligné le maire se félicitant de ce coup de communication international. « La voie verte est devenue le spot mondial le plus connu. Tu nous as fait offert un grand moment, comme celui que nous avons vécu avec Mathieu Bosredon lors les JO de Paris. » Et d’émettre l’idée d’un semi-marathon François Lacassagne porté par le CAB athlé pour garder trace de cet exploit XXL. « Probablement dès 2027, la date n’est pas encore arrêtée, on travaille sur le parcours », a précisé l’adjoint au sport Philippe Delarue.

« Il y a des aventures qui changent une vie et qui marquent à jamais », a déclaré le coureur de l’extrême. Planait toujours lors de cette cérémonie l’ambiance fédératrice qui a accompagné son exploit.
Car à 61 ans, le Briviste ne s’est pas contenté d’offrir à sa ville un énorme record du monde. Il a fait de son défi fou une incroyable aventure collective, offrant à la population de l’émotion en partage.
Il y a en effet la performance en elle-même. Hors norme. 63 semi-marathons parcourus en un mois. Deux courses quotidiennes, trois même sur une journée. Soit 1329,14 km. La distance de Brive à Rome !
C’est dire ce que cela suppose, au fil des 31 jours, de dépassement de soi, de sublimation dans l’effort pour continuer d’avancer, malgré les douleurs qui s’accumulent, la lassitude qui s’installe, le temps hivernal qui tenaille cet ultra runner acclimaté aux immensités désertiques. Chaque semi devenait un challenge. Heureusement, mars lui aura été clément.

« Il y a eu des journées très compliquées, celles où j’en ai fait trois, où il a plu et il a fait froid, j’avais des contractures aux quadriceps, une inflammation au pied, ça me faisait assez mal. Le tort que j’ai eu a été de démarrer en dessous de mon allure habituelle pour me ménager et je me suis retrouvé dans le dur assez rapidement. »
Pas plus épais que 58 kilos (il allait en perdre trois malgré cinq repas par jour), le Briviste a vite repris sa fréquence entre 10 et 11 km/h avec même des pointes à 12, voire à 14 ! Vertigineux. Il fallait bien le mental du Fennec, son surnom de coureur des sables, pour réussir. « Je pensais que ce serait plus dur et je n’aurais jamais pu y arriver sans mon équipe. » Toujours aussi humble.
« Je voulais que tout le monde soit heureux de ce record.
Je suis fier de ma ville, je suis fier des Brivistes. »
Alors qu’il a réalisé une prouesse mondiale, ce qui le porte c’est « tout ce qu’on a créé autour, tout ce qu’on a pu fédérer ». Dans la morosité et l’individualisme ambiant, c’est aussi un exploit. Il avait déjà nommé son défi « We can do it » pour bien marquer cet aspect collectif avec un staff de 11 personnes engagées dans tous les aspects logistiques.
Mais ce qu’il n’avait pas prévu, c’est cet engouement généré au sein de la population qui s’est mise au fil des jours à venir le soutenir, à l’acclamer sur son passage, à courir à ses côtés. « Des gens se sont mis à faire du sport ! » Et toute cette foule pour l’accompagner sur son final et massée à l’arrivée à la Guierle. Brive lui a fait un triomphe. Rien qu’à l’évocation, les larmes lui montent encore.
Sa personnalité attachante a suscité ce mouvement qui l’a dépassé. Grâce à lui, 14.025 euros ont été récoltés pour l’association Pour Nos P’tits Gaillards qui œuvre pour les enfants hospitalisés et qu’il a associée tout du long.
« Je voulais que tout le monde soit heureux de ce record. Je suis fier de ma ville, je suis fier des Brivistes. » Car « nous l’avons fait » avec lui et beaucoup de vouloir partager encore cet élan bienfaisant au moins une fois par mois… Alors bravo, François. Et surtout merci
