Derrière son vélo, le cycliste militant tracte un bloc de béton, symbole du poids des obstacles auxquels sont confrontés au quotidien les millions de personnes en situation de handicap, quel qu’il soit. D’où cet intitulé « h 24 » car, comme il le répète, « un handicap, c’est H24, il n’y a pas de répit ». Et parce que le handicap se vit 24h/24, l’inclusion doit faire de même.
Pierre-Martin Aubelle est porteur d’un grand projet visant à semer sur son passage les germes de Territoires handi-accueillants. Il a entrepris son périple le 1er août dernier en partant de Nantes et pendant tout ce mois estival, il va tracer l’inscription à travers l’hexagone.


Au total, 3.000 km en 25 étapes cumulant 32.000m de dénivelé positif, à la force de son mental et ses mollets, en tirant une carriole estampillée « Le poids du handicap ». Un défi de malade ! Dans tous les sens du terme. « Je veux montrer que l’on peut être atteint d’un handicap et avoir des activités, des défis, des projets. »
Et Pierre-Martin Aubelle n’en est pas son coup d’essai. En 2025, il avait déjà parcouru la France à vélo en dessinant cette fois le mot STEP pour dire STOP à la SEP, cette sclérose en plaque qui le ronge. Sur son parcours, il avait rencontré élus, associations, entreprises et habitants engagés, révélant que les territoires agissent déjà concrètement pour l’inclusion mais que leurs initiatives restent souvent méconnues. Son idée est ainsi devenue une ambition collective et chaque étape de ce nouveau défi est l’occasion de rencontrer des acteurs locaux, de connaitre les actions mises en place, d’échanger des idées…

Avant son départ de Brive ce matin, il a d’ailleurs longuement dialogué avec Mathieu Bosredon, notre multi champion paralympique, également conseiller municipal délégué au Handicap, et Philippe Delarue, adjoint aux Sports. Les sujets n’ont pas manqué : la commission Autonomia regroupant associations et services municipaux, le Pacte handi-gaillard favorisant les stages découverte d’un métier pour de jeunes adultes handicapés, des chemins de circulation, des places de stationnement, les critères de subventions prenant en compte cette problématique, le prochain Forum du handicap en octobre… Certes, il reste toujours à faire, mais des initiatives existent, souvent ignorées des bénéficiaires eux-mêmes.

De précieux renseignements que le voyageur a soigneusement noté sur son petit carnet. « L’objectif à l’automne est de lancer le label avec une dizaine de territoires pilotes. Brive pourrait se positionner car la ville a des atouts. On sent beaucoup de volonté et de l’ambition pour rendre les choses toujours plus accessibles au sens très large, mobilité, loisirs, éducation, emploi… Surtout, il est rare qu’une délégation soit exclusivement attribuée au handicap, comme à Brive. L’ambition de ce label qui est gratuit est de valoriser une démarche vertueuse, de documenter ce qui se fait, permettre aux territoires d’échanger sur des actions dans tous les domaines, créer du lien et de s’inspirer. »
Lui aura pris une bonne inspiration pour s’élancer avec son chargement vers Cahors en passant par Rocamadour. Un tracé très vallonné, mais rien finalement en comparaison avec le tracé du 4 et son arrivée au mythique Mont Ventoux le 30 août prochain.
