Un pont aux treize arches historique

Sa réplique posée au centre du giratoire Cariven, rappelle celui qui enjambait les marécages de la Guierle et a accompagné l'expansion de la "ville-pont". Un choix assumé par le maire de Brive qui en a rappelé l'histoire lors de l'inauguration de l'avenue Maillard.
Le giratoire Cariven et son pont aux Treize arches
Xavier Harismendy

Sa réalisation en fin de rénovation de l’avenue Maillard aura suscité quelques interrogations tant sur son emplacement que sur son orientation… L’ouvrage trône pour l’instant sur une bute de terre nue, mais il sera dès cet hiver agrémenté d’une mise en lumière et d’un aménagement paysager. Il faudra ensuite laisser le temps faire son œuvre sur les plantations.

C’est un autre temps qu’a évoqué vendredi soir le maire dans son discours inaugural (consultez notre article L’avenue Maillard inaugurée) pour justifier le « choix assumé » d’invoquer un passé que beaucoup ignorent. On sait que Brive en langue celte signifie « ville-pont ». Et ce pont aux treize arches joua un rôle central pour le devenir de la cité que nous connaissons aujourd’hui.

Xavier Harismendy

« De sa construction à sa déconstruction, ce pont a eu pour chaque période une raison unique : l’expansion de la cité au-delà de ses fortifications. L’enjeu était l’aménagement de ce que le cadastre appelait à l’époque les « faux bourg de Brives, Brive avec un s. »

Sa construction a été lancée en 1480. 175 mètres seront nécessaires pour enjamber les méandres de la rivière et les îlots marécageux de la Guierle. Treize arches sont ainsi bâties aux pieds de la porte de Corrèze – le bas de l’actuelle rue Toulzac – jusqu’au milieu de l’avenue de Paris, au pied de l’actuelle statue du maréchal Brune.

Sa déconstruction engagée quelque 400 ans plus tard, en 1832, ouvre elle aussi une autre séquence de grands travaux d’aménagements sur plusieurs hectares pour urbaniser le secteur autour de la Guierle et de l’avenue de Paris.

« Il est rare qu’une infrastructure de cette importance ait été, par sa construction comme sa déconstruction, aussi déterminante dans la transformation urbaine de la ville. Cette prouesse de l’époque méritait une reconnaissance pour les inspirateurs de cette conversion qui sans doute sert la cause du Brive d’aujourd’hui. » De citer les consuls de Brive, Aubert de Tourny, l’intendant du Limousin et Joseph Dubois, frère ainé du Cardinal et alors maire de Brive.

De ce lointain pont restent encore des vestiges d’arches dans les galeries souterraines de l’avenue de Paris, malheureusement aujourd’hui inaccessibles.

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