La pose est symbolique. Elle marque l’aboutissement de 5 années de préparation et concrétise surtout une vision stratégique pour la valorisation des déchets mais aussi pour l’autonomie énergétique de tout un territoire.
Le chantier porté par le Syttom 19 et son délégataire Véolia, est d’ailleurs à la mesure, engageant pour le syndicat intercommunal une enveloppe de 110 millions d’euros. Pour Eddie Marcos, maire de Saint-Pantaléon de Larche, commune sur laquelle va se dresser la nouvelle UVE, juste à côté de l’actuelle, « c’est le projet le plus ambitieux réalisé en Corrèze pour les générations futures« , rappelant en comparaison les 50 millions de l’aéroport de Brive et les 76 millions du contournement nord.
Preuve supplémentaire de l’importance du projet, « la décision en a été prise à l’unanimité », a également rappelé Frédéric Soulier, maire de Brive et président du Syttom qui met en avant trois critères auquel devait répondre l’équipement: « la sécurité, la santé et la sobriété ».
Il n’est plus approprié ici d’employer encore le terme « usine d’incinération », même s’il s’agit bien de brûler à très hautes températures nos déchets, nos ordures ménagères résiduelles d’après tri. La nouvelle UVE n’aura plus rien à voir avec l’existante, obsolète, à côté de laquelle elle va être construite, qui sera ensuite démembrée pour laisser place à un espace vert dédié à la biodiversité.

D’abord, l’unité affichera de façon visible son ambition : 45 mètres de haut agrémentés d’un ruban de Möbius (symbole de recyclage et d’économie circulaire) en bois de châtaignier local et jeu de miroirs sur les façades. L’installation se veut « la plus compacte possible« , intégrant dans le bâtiment tous les équipements techniques avec par conséquence « une amélioration sonore, une suppression des risques d’odeurs et moins d’émissions lumineuses« .
La future UVE utilisera un process de pointe répondant aux plus hauts standards environnementaux, en particulier sur le traitement des fumées. « Un process zéro rejet liquide », a assuré Alexandre Guyon, directeur général France des unités industrielles chez Véolia, garantissant « le recyclage de l’ensemble des eaux sur le site ».
La nouvelle UVE sera aussi nettement plus performante. Elle pourra valoriser jusqu’à 79.200 tonnes de déchets non recyclables par an et fonctionnera en continu, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, ce qui n’est pas le cas de l’actuelle sujette à de nombreux arrêts. Complémentaire de l’unité située à Rosiers-d’Égletons, elle accueillera les déchets provenant de la Corrèze, mais aussi d’une partie du Lot, de la Dordogne et même du Cantal.

Elle produira aussi davantage d’énergie, « trois fois et demie plus que la précédente », a souligné Frédéric Soulier. La combustion à haute température des ordures ménagères résiduelles permettra de produire sous forme de chaleur de l’électricité, l’équivalent de la consommation de 3000 foyers, et toujours de la vapeur pour Bledina et l’usine biomasse alimentant le réseau urbain. Une énergie locale, bas carbone, à un coût maitrisé pendant les 25 ans, durée de la délégation.
L’usine Bledina relié à l’unité par ses grandes tubulures très visibles, consommera à elle seule 50.000 tonnes de vapeur, l’équivalent de la consommation annuelle de 7.200 foyers. Une grande satisfaction pour son nouveau directeur, Erwan Govys, qui vient d’intégrer le groupe agroalimentaire. « Le gros intérêt de cette construction est la continuité de production. Actuellement, chaque rupture d’approvisionnement pour entretien, nous oblige à démarrer notre propre installation avec des rendements inférieurs ».
Le calendrier des travaux
Les travaux de construction ont déjà démarré il y a quelques semaines par les opérations de terrassement. La construction devrait s’étaler sur près de deux ans pour une mise en service dans le second semestre 2028. Le premier semestre 2029 verra la déconstruction de l’ancienne UVE avec une remise en état des terrains et un aménagement extérieur prévu pour le troisième trimestre 2029.