« Le film ? Ça va, je le regarderais pas tout le temps, mais ça passe ! » À 8 ans, Enzo signe peut-être la critique la plus spontanée du festival du cinéma de Brive.
Avec Mary Anning, biopic animé de Marcel Barelli, des élèves du CP au CM2 ont suivi l’histoire d’une jeune fille passionnée de fossiles dans l’Angleterre du 19e siècle. Une héroïne curieuse et déterminée qui a manifestement trouvé son public : « Le film était bien, j’ai surtout aimé quand elle a plongé pour récupérer des fossiles dans la mer. J’aimerais revenir à un autre festival avec mes amis », raconte joyeusement Lucile, en CE2 à Sainte-Féréole. Son camarade Théo est plutôt d’accord : « C’était trop bien ! J’ai adoré les gros fossiles, surtout le dernier car c’était un énorme dinosaure. J’aime aussi le cinéma, alors ! »
Avant la projection, les enfants ont travaillé sur une figure féminine célèbre : Rosa Bouglione, artiste et directrice de cirque, accompagnés par l’artiste intervenante Chloé Munich. Dans le film comme dans l’atelier, il est question de parcours de femmes, de transmission et de découverte. De quoi semer quelques idées dans les têtes, mine de rien.
Du côté des lycéens, le festival est bien plus qu’une parenthèse culturelle. « Les élèves d’Arsonval travaillent sur Marilyn Monroe, sa figure et ses facettes. Alors dans la programmation, on a voulu la replacer dans son statut d’actrice », explique Valérie Mocydlarz, responsable de la mission pôle d’éducation aux images des Yeux Verts. Un véritable prolongement du travail mené en classe. Et pour certains, l’expérience dure toute la semaine. « Les premières en cinéma audiovisuel viennent tous les jours, matin comme après-midi. L’idée est de les immerger dans le festival, alors on organise des rencontres privilégiées avec des réalisateur-ices. » Les chanceux !
Face aux films projetés, les premières réactions ont d’abord été timides. Puis la parole s’est déliée : « Il y a quelques passages dégoûtants, mais j’ai bien aimé le message sur la connaissance », lâche un lycéen en parlant de Planet Spoilia, une fiction de Lee Se-hyung, qui en a fait grimacer plus d’un. Sauf Louane qui admet : « Je suis fan du genre de l’horreur, alors j’ai bien aimé. C’est un peu spécial, mais très intéressant ».
Le festival sait décidément comment élargir son cadre.