Cet esprit qui fait corps

Dans un monde de plus en plus en danger, la deuxième édition du Festival du livre militaire a resserré les rangs autour des valeurs communes qui unissent civils et militaires. Ambiance et retour photos.
Fatima Kaabouch

Des livres, il y en avait pour tous les goûts, histoire, stratégie, géopolitique, essais, biographies, témoignages, romans, BD… Même les plus petits y ont trouvé leur « conte » avec un album tendre leur expliquant les émotions vécues lorsqu’un parent militaire s’absente plusieurs mois.

Fatima Kaabouch

Les jeunes étaient totalement intégrés dans cette deuxième édition avec un vendredi après-midi ciblé, chargé en conférences plus courtes. « On en a appris davantage sur l’armée, son rôle, sur la défense. Un général est même venu nous parler d’engagement et de valeurs… un général ! », s’étonnent Clarence, Charles et Christian, en 1ère au lycée Bossuet, tout surpris d’avoir un accès si facile aux militaires comme au matériel, notamment l’hélicoptère EC 120 Colibri tout droit venu de la Base école général Navelet de Dax. « On s’aperçoit que les jeunes ne connaissent pas nos carrières, ils pensent par exemple que pour faire pilote d’hélicoptère, il faut des diplômes très pointus. Alors qu’il faut juste un bac, général ou pro », explique le commandant Stéphane.

Le Festival a ainsi égrené rencontres, découvertes, interrogations, réflexions, émotions. Comme celle de ce spectateur, bouleversé en apprenant le parcours des blessés. Ou celle plus joyeuse de Brivistes retrouvant un ancien chef de corps du 126, Hugues Perot, venu dédicacer ses ouvrages.

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Festival. Tout est dans le mot choisi pour désigner cette manifestation portée par le comité Plan famille, appuyé par le 126e régiment d’infanterie et la Ville . Comme son ainée la « Foire » du livre, le « Festival » du livre militaire porte les mêmes possibles : ouvrir à la connaissance et à une meilleure compréhension du monde.

« Nous avons l’ambition de faire vivre le livre tout au long de l’année« , a déclaré lors de l’inauguration le maire adjoint à la Culture, Olivier Bonnichon, rappelant « le lien unique entre la ville, ses habitants et le régiment ». Rien d’étonnant d’ailleurs que les stands de la grande sœur de novembre aient servi pour cette deuxième édition se déroulant vendredi et samedi aux Trois Provinces. Avec un indéniable supplément d’âme : l’événement mobilise au profit des blessés, cause fédérant autant les partenaires que le simple habitant. Et n notre région, pas la nature même de ses forces qui ont vocation à être déployer en premier, a le triste record de France de blessés psychologiques.

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Certes, dans ce Festival du livre militaire, il y avait du militaire, beaucoup, du soldat en treillis BME à tous les rouages de la manifestation, des sous-officiers, officiers, jusqu’au général 4 étoiles. Du militaire organisateur, auteur, conférencier ou visiteur.

Mais la manifestation brassait très large aussi dans le monde civil, les vétérans arborant médailles tout autant que les jeunes et les familles, même très éloignés de la chose militaire, simplement curieux. Un public très divers butinant d’un auteur à l’autre, d’un stand d’information à un autre de démonstration ou assis côte à côte dans les gradins pour écouter un conférencier lui parler histoire, stratégie, géopolitique, cyber espace ou témoigner de sa blessure.

C’est le premier mérite de cette manifestation que de faire ainsi se côtoyer des mondes parallèles vaquant le reste du temps à leurs propres occupations.

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« Partager la pensée militaire, stratégique, avec la jeune génération est extrêmement important », affirmait le général de corps aérien Stéphane Groen, officier général de la zone de défense et de sécurité Sud Ouest. « La diffusion de la culture, de l’histoire permet de développer chez ces jeunes un esprit critique et de les parer face aux risques de désinformation. Cela leur permet, en analysant les erreurs, les belles pratiques du passé, de mieux vivre le présent et surtout préparer un meilleur avenir. Ce sont bien les jeunes qui ont les clés du futur de notre pays. »

Dans un monde de plus en plus en guerre, où les repères s’effritent, où la critique systématique l’emporte sur l’écoute, où la compréhension de l’autre et la connaissance s’étiolent, la manifestation a resserré cette subtile interconnexion entre mondes militaire et civil. « L’attachement à des valeurs », a résumé le colonel Naulet, chef de corps du 126. Un Festival assurément riche de partages, imprégné d’un certain plaisir d’être ensemble, porteur de l’esprit de défense et de cohésion nationale.

Sur ce sujet, vous pouvez consulter nos précédents articles:

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