Des lycéens turcs toujours fidèles à la Foire du livre

Depuis 10 ans, des élèves d'Ankara viennent spécialement pour la manifestation, vivre au pouls de l’événement, au plus près des auteurs, parler littérature et rencontrer aussi leurs camarades de Bossuet.
Marie-Christine Malsoute

Ce sont des jeunes du lycée Tevfik Fikret (nom d’un poète turc), un lycée francophone d’Ankara dans lequel le livre tient une place unique : « Tous les jours, pendant un quart d’heure, tout le monde doit lire. Une musique retentit et chacun s’arrête pour lire ce qu’il veut. Élèves, professeurs, administration, personnel d’entretien… On ne répond même pas au téléphone », expliquent Aysun Yazar, sous directrice de l’établissement, et Canan Günduz, professeur et chef du département français. Le rituel avait d’ailleurs inspiré un temps la manifestation briviste.

Marie-Christine Malsoute

Ce qui explique aussi que depuis 2016, pas une édition de la Foire du livre ne se soit déroulée sans qu’on les croise dans les travées. Cette année, ils sont encore une trentaine âgés de 14 à 17 ans. Et ils ont un programme bien rempli. Aujourd’hui, ils ont déjà visité le campus, demain ils suivront les cours au lycée Bossuet avant de plonger pendant trois jours dans la Foire pour laquelle ils ont fait spécialement ce voyage.

« Ils doivent interviewer des auteurs dans le cadre de leur programme. Les élèves de 3e étudient la thématique fantastique avec Le veston ensorcelé de Dino Buzzati et les 1ère La petite fille de Monsieur Linh et Huit clos de Jean-Paul Sartre. Ils ont aussi la charge d’acheter une soixantaine de livres pour notre bibliothèque. » Sans compter ceux qu’ils choisiront pour eux. Ils participeront également au Défi lecture samedi.

Cet après-midi, à la veille de la 44e édition, ils ont été reçu en mairie, visité la cour d’honneur, la salle du conseil municipal, se sont assis très impressionnés autour de sa grande table, avant de se retrouver en salle d’honneur.

« Cette fidélité à Brive nous touche et fait grandir, au fil des années, un lien précieux entre votre établissement et notre ville », les a accueillis la conseillère municipale déléguée Audrey Chaumeil, les félicitant pour « la qualité de l’enseignement » dispensé par leur établissement qui bénéficie du label FrancÉducation.

« Votre présence donne aussi un très beau visage à la francophonie : celui d’une jeunesse curieuse, ouverte sur le monde, qui apprend le français et le fait vivre bien au-delà des frontières de notre pays. Une langue vit parce qu’elle est parlée, lue, écrite, partagée. »

Francs applaudissements pour son homologue conseiller délégué Umit Eroglu qui a aussi souhaité la bienvenue aux lycéens en entamant son discours par quelques mots en turc, une attention à laquelle les jeunes ont été sensibles. « Profitez pleinement de ces journées. Osez aller à la rencontre des auteurs, parler de vos lectures, découvrir ceux que vous ne connaissez pas encore », les a-il invités. Ce que compte pleinement faire Umut, 17 ans, qui a choisi de revenir cette année. « Ça m’avait touché. J’ai vécu une belle expérience. Pouvoir rencontrer des auteurs et discuter avec eux a été enrichissant. »

Au fil des ans, les enseignants des deux lycées font ainsi perdurer cette amitié. « C’est un échange que nous essayons d’entretenir et préserver », confirme Nathalie Bony, enseignante de lettres à Bossuet. « Il y a deux ans, nous nous sommes également rendu à Ankara. Nous avons découvert la Cappadoce et participé au festival de théâtre « les Tevfik d’Or » (un festival international réputé organisé par ce lycée turc, NDLR). Nous y avions présenté Antigone et nous en avons même ramené un prix. » Une francophonie qui tisse ses liens.

Marie-Christine Malsoute
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